
La rame en plastique s’enfonce dans l’immense masse d’eau vert émeraude. Les ondulations qui l’entourent déforment le reflet du ciel, jusque-la parfait. L’air qui ceinture le canoë, se heurte à la chaleur du mois d’août. La petite embarcation file au milieu du lac désert entouré d’arbres et de montagnes.
— Tu gères, je ne savais pas que tu maitrisais à ce point l’art de la rame, lance Gayan sur le ton de l’ironie.
— T’arrêtes de te moquer, vilain, lui répond Sarah, amusée.
— Je trouve qu’on forme plutôt une bonne équipe jusque-là, ajoute la belle blonde.
Soudain, un petit poisson saute hors de l’eau, sous les yeux des deux tourtereaux.
— Il doit y avoir des brochets dans le coin, ce poisson semblait fuir, souligne Gayan.
— Je ne savais pas que tu maitrisais à ce point l’art de la pêche, rétorque Sarah, non sans ironie.
— Un partout balle au centre, ajoute-t-elle en lui souriant.
— La balle au centre ? Qu’est-ce que ça veut dire ? — demande naïvement Gayan.
— En français, c’est une expression pour dire qu’on est à égalité parce qu’on a taquiné l’autre, une fois chacun, tu comprends ? — explique Sarah.
— En sri-lankais, on dit “naṭuvil pantu”. Ça veut dire : le ballon au milieu, réplique Gayan.
Leur complicité est naturelle depuis le début. Les relations sont tellement plus agréables quand elles sont fluides. Les esprits se comprennent sans efforts, l’humour fuse et chacun joue sans jamais aller trop loin.
— Dans mon pays, la pêche fait partie de notre culture. Surtout là où j’ai grandi près du lac de Polonnaruwa, explique Gayan.
— Ponnolaruwa, c’est au Sri Lanka ? — demande Sarah.
— C’est Polonnaruwa, répond Gayan en riant.
— Oui, c’est juste à côté du village où je suis né, ajoute le jeune homme.
Son regard noir et espiègle la fait fondre, autant que ses longs cheveux bruns et sa peau caramel. Elle le trouve beau, elle qui est blonde aux yeux clairs, la carnation d’un blanc presque laiteux. Peu importe où et comment ils se sont rencontrés, aujourd’hui, ils sont là et leurs yeux débordent de passion l’un pour l’autre. Sarah lève les bras au ciel, révélant une partie de son ventre. Puis d’un geste, elle pose la rame dans le canoë et retire son tee-shirt, dévoilant sa magnifique poitrine au grand jour.
— J’en ai marre, il fait chaud ! Aller, il n’y a personne, on s’arrête là ! — s’écrit-elle, d’un ton revendicateur.
— Ici en plein milieu du lac ? — demande Gayan, un peu penaud.
— Oui, on est bien ici, non ? On est tranquille. Écoute comme c’est calme, mime Sarah, la main collée à l’oreille.
La jeune femme adore jouer, elle ne le fait pas consciemment, mais elle aime voir ses partenaires déstabilisés. Gayan peine à poser ses yeux sur les deux protubérances qui s’agitent comme si elles avaient une vie propre.
— Tu as le droit de me regarder, tu sais… Je t’y autorise, lui dit-elle d’un air joueur.
— Ah merci, bafouille le Sri-lankais, pantois.
Ses seins plaisent énormément aux hommes, elle le sait et en a l’habitude. Ils sont fermes et d’une belle taille, terminés par de petits tétons qui pointent facilement.
La belle ingénue s’approche du visage de l’homme et l’embrasse fougueusement. Le genre de baiser qui résume en quelques instants, toute la tendresse que l’on peut ressentir pour quelqu’un. Ils s’enlacent jusqu’à être sanglés l’un contre l’autre. Puis, leurs bouches s’absorbent sous l’impulsion du désir.
Après quelques minutes, Sarah saisit les mains de Gayan et les plaque contre sa poitrine. Elle glisse ensuite sa paume sous le membre viril du garçon. L’homme commence à sentir son sexe durcir, si bien que son short se déforme.
C’en est trop pour lui, il empoigne les seins de Sarah avec vigueur et rapidement, les embrasse. Seuls au milieu du lac, leur gourmandise n’a plus de limite.
— J’ai envie de toi, murmure-t-elle.
— Moi aussi, répond-il.
Le jeune garçon retire frénétiquement son short, manquant de basculer dans l’eau tandis que Sarah, plus rapide, a déjà enlevé sa culotte. Elle s’allonge, tête en avant, sur le barrot central et laisse apparaitre son entre jambe déjà trempée.
L’homme s’étend entre ses cuisses et entame un cunniIingus enflammé. La position est parfaite, la jeune femme gémit à la mort, sous le violent plaisir qu’il lui inflige.
Gayan ne laisse aucune partie de son anatomie en reste, il explore tous ses orifices.
Vu du ciel, on peut apercevoir les vagues de luxure onduler en cercles concentriques autour du canoë.
— Je te veux en moi, prends-moi, gémit Sarah à demi-mots.
L’homme s’exécute, il se relève et, dans un mouvement brusque, déstabilise l’embarcation. En un instant, le canoë chavire et les deux amants sont plongés dans l’eau froide. Gayan attrape le bras de Sarah, légèrement affolée, puis s’accroche au bateau. Les amoureux se regardent en suffoquant et éclatent de rire.
Sans autres solutions viables, ils décident de nager. Par chance, une petite ile arborée, flotte au milieu du lac. Les naufragés trainent l’embarcation jusqu’à la rive, puis s’écroulent sur le sol. L’émotion de cette brasse forcée n’a rien retiré à la rage de leur désir.
Nus comme des vers, ils s’enlacent de nouveau. Les baisers fusent et les mains reprennent leurs explorations sensuelles. Sarah se retourne, elle plante ses coudes dans le sol et présente sa croupe au jeune homme. D’un geste lent, Gayan saisit ses hanches et plante son sexe bandé en elle.
Vue de l’extérieur, la scène pourrait sembler brutale, mais vécu de l’intérieur, elle est bestiale, enflammée, débridée. La passion se déchaine à travers leurs corps qui s’unissent l’un dans l’autre.
Tout ne s’est pas passé comme prévu, mais une chose est sûre : cette fois-là restera dans leur mémoire pour longtemps.