
[Paris Gare de Lyon — août 2030]
Les roulettes de la petite valise grise claquent sur les pavés de béton. La main de Bastien, à demi moite, enserre fermement la poignée du bagage qu’il tire sur le quai. Son cœur, empreint d’exaltation autant que de fébrilité, tamponne sa poitrine. C’est le battement de l’aventure, la pulsation de l’inconnu, le frisson de la liberté, celui qui attise vos sens et vous plonge dans l’instant présent, comme un shot de Vodka.
“Le eTGV 9512 en direction de Marseille Saint-Charles va entrer en gare Voie C, veuillez vous éloigner de la bordure du quai s’il vous plaît”
“Je crois que c’est celui-là”, se dit-il en tentant de défroisser le petit papier rose que lui a confié l’hôtesse de l’agence.
“C’est étrange qu’elle s’appelle Rose, alors même que tout est rose dans cette agence : des murs au plafond en passant par les fauteuils et le Chesterfield de l’entrée. Ça doit être un pseudo pour coller avec le thème” pense-t-il.
“Je suis placé : Voiture 3 – Première classe. Juste à côté du wagon-bar, c’est parfait ça” se dit-il encore.
L’homme marche d’un pas rapide, lorsqu’il arrive devant la porte de la voiture 3. Une passagère tente de descendre en vain la grosse valise qu’elle transporte.
Bastien : “Mademoiselle, vous avez besoin d’aide ? Attendez, je vais vous aider…”
La jeune femme s’écarte tandis qu’il saisit l’énorme malle vert bouteille et la pose sur le sol, puis lui sourit.
Bastien : “C’est tout votre dressing qu’il y a là-dedans ?!”
La jolie inconnue lui rendant son sourire : “Vous verriez mon dressing, vous comprendriez que vous faites erreur Haha. J’ai une fâcheuse tendance à exagérer sur les fringues, en tout cas merci pour votre aide”.
Il salue la vacancière, puis se hisse dans le train.
Bastien a 37 ans, il est brun, de taille moyenne, plutôt carré. Il n’est pas spécialement beau, mais a beaucoup de charme. Ses pommettes marquées et son faciès anguleux lui donnent un air abrupt, presque animal. Son regard noir est naturellement dur, pourtant lorsqu’il se pare d’un sourire, son visage s’illumine et, sous sa barbe de quelques semaines, se dessine une bouche des plus sensuelles. Il vient de terminer un master sur le tard, il s’est passionné pour l’informatique après avoir travaillé quelques années dans la chimie organique, puis comme serveur dans un troquet parisien. Son parcours professionnel est sinueux, à l’image de sa vie sentimentale. Il est tombé amoureux quelques fois, mais ça n’a rien donné d’épatant. Sa dernière copine l’a quitté il y a quelques mois. Il n’a pas réellement compris la logorrhée de reproches qu’elle lui a faite, en jetant ses affaires sur le pas de la porte. Ça n’est pas bien grave, Bastien a l’habitude qu’on rompe brutalement les liens. Son père a été le premier d’une longue série. Lorsqu’il a quitté sa mère, il avait 10 ans, il ne l’a jamais revu. Puis ça a été au tour de son beau-père la veille de ses 16 ans. Depuis, Bastien se protège, à l’image d’un chat qui ne dort que d’un œil, il n’ouvre plus jamais vraiment son cœur en entier.
[Dans une rue de Paris — juin 2030]
L’orage éclate, l’eau se met à ruisseler dans la petite rue en pente. Bastien détale jusqu’à la boutique la plus proche pour s’y abriter.
“Ding ding”, le tintement de la sonnette retentit à l’ouverture de la porte automatique. L’homme découvre, avec fascination, l’univers acidulé de l’enseigne qui semble être une agence de voyages. L’ambiance est calme, la musique aux notes de Cafe del Mare, avec une pointe de Drum and Bass, résonne doucement. Une délicate odeur d’encens embaume l’atmosphère.
“Bonjour, bienvenue chez Travel xPerience, Monsieur… ?”
B : “Ah euh, Bastien, je m’appelle Bastien”
“Monsieur Bastien, je m’appelle Rose, je suis à votre disposition pour toute question” récite la jeune hôtesse engoncée derrière son comptoir rose bonbon.
B : “Euh d’accord, pardon bonjour, je vous avoue que je ne sais pas trop pourquoi je suis entré ici. J’ai cherché à m’abriter et je crois que j’ai été attiré par la déco de votre magasin”, rétorque l’homme à moitié penaud.
R : “Ne vous en faites pas, vous n’êtes pas le premier”, le rassure la jeune femme.
R : “Notre architecte d’intérieur s’est fait plaisir. C’est d’ailleurs tout le concept de notre agence” dit-elle d’un air espiègle tout en gardant son sérieux.
Rose est née en 2001, elle a bientôt la trentaine, c’est une sublime brune aux yeux noisette, avec des formes.
D’abord, danseuse dans un cabaret, sa carrière s’est arrêtée net, aussi rapidement qu’elle a commencée. Une sale blessure au niveau du pied : “Mademoiselle, vous avez une fracture de fatigue des métatarsiens, il va falloir arrêter la danse pendant un moment” lui ont-ils dit d’un air sérieux et détaché. Elle a dû enchainer les petits boulots au noir durant un temps : hôtesse d’accueil, barmaid et puis elle a trouvé ce poste d’agent de voyage il y a un an.
Elle a tout pour s’y épanouir : elle est belle comme le jour, elle est très organisée et puis elle aime faire plaisir. Par chance, c’est le fonds de commerce de l’agence.
B : “Ah oui ? Qu’est-ce que… vous vendez ?”
R : “Nous sommes une agence de voyages… Seulement, à la différence des agences traditionnelles, nous ne travaillons pas pour un continent ou un pays en particulier.”
B : “Ah oui… Et vous proposez quel type de voyages alors ?”
R : “Nous organisons des voyages mystères, à la carte, orientés sur le thème du plaisir”
B : “Du… plaisir ? Quel genre de plaisir ?”
R : “Le genre qui vous fait vraiment plaisir” explique Rose d’un sourire franc.
B : “Haha d’accord… Mais, on parle de quoi exactement ?”
R : “Je n’ai pas le droit de vous le dire explicitement, mais on parle de fantasmes, de plaisirs charnels si vous préférez.”
Le jeune homme reste abasourdi un instant, surpris par cette réponse pour le moins originale.
B : “Très très bien… Et… ” avant même qu’il ne termine sa phrase, l’agent de voyage poursuit :
R : “Permettez-moi d’anticiper vos questions, nous sommes là pour ça : entrer dans votre tête, vous comprendre et vous donner ce que vous désirez. Tout notre concept est basé là-dessus. Vous voyez cette grosse machine au fond de la pièce ? Et bien elle nous aide à déceler vos envies profondes, vos désirs enfouis, vos fantasmes inavoués.”
B : “D’accord, incroyable, mais comment ça fonctionne ?”
R : “Si vous décidez de partir avec Travel xPerience, vous devrez tout d’abord remplir ce petit questionnaire. Ensuite, vous aurez le privilège de passer sur le siège de notre “machine à désirs”.
Enfin, nous sélectionnerons pour vous les modes de transport, les destinations et le plus intéressant : les fantasmes à réaliser. Tout le long du séjour, un agent de voyage, moi en l’occurrence, vous guidera personnellement via des messages ou des appels.”
B : “Mes fantasmes ? Mais… Comment ? Et, puis combien ça coûte ?”
R : “Justement, tout dépend du forfait pour lequel vous opterez : Silver, Gold, Platine… avec respectivement 1, 3 ou 5 de vos désirs profonds, assouvis durant le séjour. Puis, nous avons les projets plus complexes, à la carte. Avec le passage à l’Eurodollar, nous avons d’excellents prix pour l’Europe et les US. Pour vous donner un ordre d’idée, cela commence aux alentours de 2 800 €$ pour le Silver et ça va jusqu’à 7 000 €$ pour le Platine. Ensuite, à la carte, tout est possible avec des destinations prestigieuses et des fantasmes incroyables”
B : “Pardonnez-moi, mais je reste sans voix, j’ignorais que ce genre d’agence existait”
R : “Prenez le temps de la réflexion, notre joli canapé rose est là pour ça. Je vous laisse la carte des prestations” dit-elle en lui tendant le dépliant fuchsia qu’elle tenait jusque-là.
B : “Je vais réfléchir un instant, merci pour ces explications… limpides !”
R : “Je vous en prie Bastien.”
Bastien quelques minutes plus tard : “Mademoiselle Rose… Je crois que je vais me laisser prendre au jeu. Je suis séparé et je ne savais pas vraiment quoi faire de mes vacances, ça tombe bien.”
R : “Je suis désolée d’entendre ça. Si nous pouvons vous aider à traverser au mieux cette mauvaise passe, cela sera avec plaisir Bastien, quelle formule vous tente ?
B : “Je vais partir sur la Gold, je crois”
R : “Très bon choix ! Je vous donne immédiatement notre questionnaire personnalisé, afin d’en savoir un peu plus sur vous.”
B : “Merci.”
[Paris Gare de Lyon — août 2030]
Bastien se faufile entre les places, c’est le milieu du mois d’août, il fait très chaud, heureusement son siège est climatisé, tous les voyageurs n’ont pas cette chance. Surtout depuis que la SNCF fait payer la climatisation au siège.
B : “Alors… la 19 avec fenêtre, parfait, c’est une place simple avec une tablette tactile”.
Il dépose sa valise sur le rail de fer surplombant les rangées de sièges puis s’assoit. Les wagons sont spacieux en première classe. Pour l’instant, la place en face de lui est vacante.
Il allume la tablette mise à disposition, entre son mot de passe, puis ouvre les actualités du jour :
“Regain de tension entre l’armée biélorusse, venue prêter main forte à Vladimir Poutine, et l’armée moldave qui se dit menacée par cette nouvelle escalade de violence”.
“Vague de chaleur sans précédent, 46°C attendus ce samedi à Paris.”
“En Corée du Sud, les premiers pas du Pape Roland qui encourage les fidèles à lutter contre les discriminations”
“Le projet de loi pour rendre l’uniforme obligatoire dans les écoles dès la rentrée, validé ce jeudi par le Sénat”
“Nouvelle manifestation contre la ligne de transport ultra-sonique : Hypervolt qui devrait couper la France en deux d’ici 2036”
“Côte d’Ivoire : première prise de parole en public du général Abda Bongali autoproclamé nouveau président de Côte d’Ivoire”
“Déprimant” pense-t-il. Il ferme la page et lance un e-book : “L’aube de l’instant noir” de Sylvain Tesson. Cet écrivain subtil et intelligent le fascine. Bastien aime parcourir ses lignes emplies de poésies et se perdre parmi ses aphorismes délicats.
Une jeune femme entre dans le wagon, elle semble perdue. La jolie blonde passe devant lui et croise subrepticement son regard, puis, elle s’assoit quelques places derrière. Le train démarre, il n’y a finalement pas grand monde dans le wagon.
Le paysage file au rythme des pages qu’il fait défiler lorsqu’une annonce retentit dans les hauts parleurs : “Chers passagers, nous vous rappelons qu’un wagon-bar est disponible au niveau de la voiture 4. Des mocktails ainsi qu’un espace snacking sont disponibles pour votre confort, n’hésitez pas à vous y rendre durant votre voyage à bord de ce train”.
L’homme ferme la tablette et se dirige vers les portes coulissantes à quelques mètres de là.
Le wagon-bar est entièrement tapi de bleu. Trois personnes mangent sur les tables du fond, tandis que la jeune femme dont il a croisé le regard est accoudée au bar.
“Bonjour et bienvenue Monsieur, qu’est-ce qui vous ferait plaisir ?” lui murmure la barmaid.
B : “Bonjour, eh bien je suis resté assez old school, pourriez-vous me faire un Gin Tonic s’il vous plait ?”
La barmaid : ”Oui bien sûr Monsieur, ça sera un Bombay Saphire”
B : “Parfait !”
La jeune femme assise près de lui se retourne et lui adresse un sourire.
Elle : “Ah vous aussi, vous êtes adepte ?”
B : “Euh oui, j’apprécie le gin et le Bombay est l’un de mes préférés ”
Elle : “Enchantée, je m’appelle Mathilde”
B : “Et moi Bastien, ravi”
M : “Connaissez-vous le Sipsmith ?”
B : “Non pas du tout”
M : “Aux arômes de Genièvre avec des effluves d’orange et de citron, un incontournable, vous devriez le goûter”
B : “Vous êtes drôlement calée, je le gouterai volontiers”
M : “J’apprécie le gin, contre toute attente, nous avons ce point en commun, semblerait-il”
Bastien tendant son verre : “Eh bien santé !”
Les verres se frôlent tandis que leurs regards se sourient déjà. Cette rencontre fortuite ravie l’homme qui pensait rester seul durant le trajet.
B : “Vous venez d’où, Paris même ?”
M : “Oui, j’habite dans le 14ᵉ et vous”
B : “Pas très loin, dans le 15ᵉ”
Mathilde dont le visage s’illumine face à son portable : “Oh, excusez-moi, je viens de voir un message qui me fait très plaisir, mon ensemble de lingerie a été livré !”
Bastien blêmit, il adore la lingerie et cette annonce de la bouche d’une parfaite inconnue le déstabilise.
B : “Ah… Vous aimez la lingerie ?”
M : “Je travaille dans la mode et oui, c’est une de mes passions !”
Les images fusent dans l’esprit du jeune homme tandis que son cœur s’emporte. À cet instant, aucun effort ne lui est nécessaire pour imaginer la jeune femme parée de bas noirs et d’une guêpière en dentelle.
Mathilde est blonde, grande et élancée, les cheveux bouclés mi-longs, une bouche incroyablement dessinée et de grands yeux bleus. Elle aurait largement pu jouer le rôle principal, dans le long métrage de la plus célèbre des poupées. Son visage aquilin semble faussement mature, elle n’a pas plus de 25 ans.
B : “Quel genre de travail dans la mode ?”
M : “Je suis mannequin, pour une marque de lingerie justement”
Bastien n’en croit pas ses yeux, il a devant lui l’une de ces filles qui font rêver tant d’hommes et rendent jalouses tant de femmes. Celles-là mêmes, qui sont photographiées à demi nues et mises en avant sur les vitrines digitales des magasins.
Il n’aurait jamais deviné que Mathilde était mannequin si elle ne le lui avait pas soufflé. Son regard sur la belle inconnue n’est plus le même. Il remarque sa taille marquée, ses jambes interminables et sa poitrine généreuse qui ballote sous sa robe.
B : “Ah oui, vous êtes au cœur du sujet et des fantasmes, j’imagine…”
M : “Précisément oui… J’ai toujours aimé me comporter comme un fantasme. J’aime les regards posés sur moi”
B : “En effet, je pense qu’il faut apprécier cela pour supporter un tel métier”
Mathilde lui lançant un regard noir : “Le pire, c’est que plus ils sont pervers et plus je les aime”
Une explosion de phéromones secoue la tête de Bastien, chaque mot que prononce la jeune mannequin nourrit désormais son imaginaire. Il fixe son décolleté.
Bastien : “Ah oui… comme celui-là ?”
Mathilde en riant : “Pas mal, mais je crois que vous pouvez faire mieux, encore”
En quelques minutes, la conversation a totalement dérivé. Le jeu de séduction bat son plein entre les deux inconnus.
Mathilde : “Vous lisiez un livre tout à l’heure à votre place ? Puis-je savoir ce que c’était ?”
Bastien : “Oui, bien sûr, c’est un livre de Sylvain Tesson qui s’intitule “L’aube de l’instant noir”, vous connaissez Sylvain Tesson ?”
Mathilde en souriant : “Pas du tout… Vous m’expliqueriez de quoi il en retourne ? Je ne me lasse pas de voir bouger votre bouche”
B : “Merci, la vôtre est pas mal non plus”
M : “Vous voudriez la voir de plus près ?”
Bastien s’avance et plonge délicatement ses lèvres sur celles de la jeune femme.
Les deux voyageurs s’enlacent et leur baiser devient des plus passionnés. Leurs parfums se mélangent et leurs langues se goûtent timidement. À cet instant, le train s’est figé, le wagon et les personnes autour d’eux n’existent plus.
Mathilde rouvrant les yeux : “J’aime autant cette manière de voir bouger votre bouche”
B : “Que diriez-vous de venir me tenir compagnie jusqu’à mon siège ?”
M : “C’est une évidence”
Bastien se redresse le premier, il enserre la main de Mathilde qu’il vient de voler. Puis, il regagne son siège tandis que la belle s’assied en face de lui. Elle croise les jambes tout en prenant soin de laisser apparaître sa cuisse.
M : “Vous permettez que je me déchausse, je déteste garder mes chaussures dans le train”
Bastien contemplant ses mouvements de chevilles : “Allez-y, mettez-vous à l’aise”
La mannequin pose un pied sous le mollet du voyageur, puis elle remonte jusqu’à sa cuisse tout en lui jetant un regard torride.
Il tente de se contenir, mais son érection est déjà visible. La jeune femme en profite, cette fois, elle lance son pied contre l’entre-jambe de l’homme qui ne sait plus comment se tenir. Son sexe durcit contre la plante de pied de la jeune mannequin, l’appel des corps devient féroce.
M : “J’ai besoin de me rafraîchir, est-ce que vous m’accompagnez ?”
B : “Euh oui, volontiers…”
Les amants se dirigent vers les toilettes du wagon. Par chance, en première classe, les sanitaires sont propres et spacieux.
À peine Bastien a-t-il fait quelques pas que son smartphone vibre.
Nouveau message de Rose de Travel xPerience : “Surtout ne la laissez pas en reste, elle aime vraiment beaucoup ça…”
L’homme comprend qu’il est en train de réaliser son premier fantasme : une mannequin, dans un train… Il replace machinalement son téléphone dans sa poche et se colle contre le corps de la belle qui ondule déjà ses fesses comme une déesse.
Ils entrent dans les toilettes, Bastien ferme la porte tandis que Mathilde la verrouille à l’aide de son empreinte digitale. Leurs gestes sont complices et ils ne se quittent plus du regard. La jeune femme remonte sa robe et s’assied sur le lavabo pendant que l’homme défait sa ceinture.
Leurs mouvements deviennent brutaux, elle descend sa bretelle et laisse apparaître sa merveilleuse poitrine.
Il empoigne ses seins à pleines mains puis rapidement à pleine bouche. Leurs corps brûlants sont happés l’un dans l’autre. Bastien descend son boxer, il enfile le préservatif que lui tend Mathilde, puis plonge son sexe bandé entre les cuisses de la jeune mannequin qui gémit. Il empoigne son cou et l’embrasse passionnément tandis qu’elle saisit ses fesses afin d’accompagner ses coups de reins. À cet instant, elle le veut pour elle, en elle, contre elle… Plus rien ne compte si ce n’est qu’il répande sa sève partout.
Bastien lui murmure de se retourner, Mathilde s’exécute précipitamment. Il s’ensuit une levrette débridée, les va-et-vient de l’homme matraquent les fesses de la jeune femme qui se cambre plus que jamais. Leur baise est puissante, intense, violente.
Elle hurle de plaisir, lorsqu’il met une main sur sa bouche pour la faire taire. Elle sourit d’un air embêté. Les mots ne sortent plus, c’est un amas de corps en fusion qui incendie littéralement les toilettes de la voiture 3.
[Paris — Agence Travel xPerience — juin 2030]
Rose lui tendant une tablette tactile : “Voici le questionnaire, prenez votre temps pour y répondre”
Bastien : “Merci !”
Extrait du questionnaire – 100 questions :
Pour vous, le baiser est-il un acte déterminant dans la poursuite d’une relation ?
De 1 à 10, à combien évaluez-vous l’importance de l’odeur de votre partenaire ?
…
Sous la couette, vous êtes plutôt dominant ou dominé ?
La douleur vous procure-t-elle du plaisir ? Si oui, à quel niveau sur une échelle de 1 à 10 (1 étant une très légère griffure, 10 une importante brûlure) ?
À choisir, préférez-vous caresser les pieds ou les mains de votre partenaire ?
…
Citez les noms de trois positions sexuelles qui vous transcendent : …………………………
La jouissance de votre partenaire est-elle essentielle pour vous ?
Le jeune homme se concentre pour répondre au plus juste. La perception que l’on a de soi n’est jamais évidente à expliciter. Certaines personnes ont des capacités d’introspection évidentes, tandis que d’autres sont incapables de s’auto-analyser. Il vient finalement à bout du questionnaire en une quarantaine de minutes.
B : “Voilà, ça n’était pas facile”.
R : “Non et pourtant vous avez mis moins de temps que la plupart de nos clients”
B : “Ah oui ? J’en suis ravi”
R : “Vous me suivez Bastien ? Nous allons passer dans la machine à désirs”
L’homme suit la jeune femme qui lui indique d’entrer dans une cabine de la taille d’un photomaton. À l’intérieur, un siège en cuir à demi allongé, muni d’un casque bardé de composants électroniques. En face, un écran plat sur lequel est écrit son prénom.
R : « Vous m’entendez ? »
B : « Très bien oui »
R : « Asseyez-vous confortablement et placez bien votre tête dans le casque. Des images ainsi que des petites vidéos vont défiler sur l’écran, vous n’avez rien à faire, la machine va analyser les signaux électriques émis par votre cerveau. En somme, ses réactions, les émotions que vous pourrez ressentir face à chaque image. Ensuite, toutes ces informations seront croisées avec les réponses au questionnaire que vous venez de remplir. Cela afin de définir assez précisément la « cartographie » de vos désirs. C’est assez bluffant, vous verrez. »
B : « J’ai hâte de voir ça »
R : « S’il y a le moindre problème, n’hésitez pas à m’avertir, le test dure environ quinze minutes »
B : « Parfait, je suis prêt »
R : “Ah oui, j’allais oublier… Les résultats ne vous seront communiqués qu’après la fin de votre voyage… Nous aimons surprendre nos clients”
[eTGV 9512 en direction de Marseille – août 2030]
Mathilde tente en vain de défroisser sa robe, l’odeur du sexe flotte partout dans la cabine. Elle passe machinalement la main dans ses cheveux comme pour camoufler les effets de leurs ébats. Bastien sort le premier, il n’y a personne, une aubaine.
Les deux amants retournent s’asseoir à leurs sièges comme si de rien n’était. Leurs jambes sont encore fébriles et le reste de leur corps shooté aux endorphines. Les images de cette scène torride tourbillonnent dans leurs têtes.
Mathilde se mord la lèvre inférieure tout en dévorant Bastien du regard. Il lui sourit candidement lorsque le smartphone de la jeune femme se met à vibrer.
Nouveau message de Quentin de Travel xPerience : “Bonjour Mathilde, j’espère que le trajet se passe bien, voici l’adresse de votre hôtel : Les Bords De Mer – 52 Corniche Président John Fitzgerald Kennedy, 13007 Marseille, un taxi vous attendra à la gare”. Mathilde sourit.
B : “Quel sourire, encore un ensemble de lingerie qui vient d’être livré ?”
M : “Non, pas cette fois, simplement mon agent de voyage qui m’explique dans quel hôtel je dois me rendre”
B : “Ah oui ? Votre agent ne s’appellerait pas Rose par hasard ?”
M : “Du tout, il s’appelle Quentin, rien de très intéressant, mais parlez-moi plutôt du livre que vous aviez sous les yeux tout à l’heure”
B : “Oui Sylvain Tesson… C’était un écrivain incroyable, dans ce livre, il a prédit sa mort, quasiment mot pour mot, avant qu’elle ne survienne réellement deux ans plus tard…”
M : “C’est une histoire folle”
B : “Oui, surtout qu’il est mort dans un accident de train, en Sibérie”
Mathilde en riant : “Voilà qui est rassurant ! Au moins, si nous mourrons, notre dernier voyage aura été plus que sympathique”
Le train file et les discussions s’enchaînent entre les deux voyageurs dès lors inséparables.
“Mesdames et messieurs, chers passagers, notre train arrive en gare de Marseille Saint-Charles, veillez à vous déconnecter des tablettes et à ne rien oublier à bord du train, nous vous souhaitons un agréable séjour et espérons vous revoir bientôt sur nos lignes”
Bastien embrasse une dernière fois Mathilde entre la bouche et la joue, comme un Adieu. Puis les amants d’un voyage se séparent sur le quai principal.
Nouveau message de Rose de Travel xPerience : “Bastien, j’espère que le trajet était à votre goût ;). Votre hôtel est le suivant : Hôtel Dieu Intercontinental – 1 Pl. Daviel, 13002 Marseille – un taxi vous attend à la sortie de la gare”
L’homme s’arrête un instant, il sourit puis saisit sa valise et s’engouffre dans l’escalator. À peine arrivé en bas, il aperçoit le jeune homme brandissant une pancarte “Bastien Travel xPerience” au milieu des voyageurs qui gesticulent.
B : “Bonjour, je suis Bastien”
Le chauffeur de Taxi : “Bonjour Mr Bastien, suivez-moi”
La chaleur hors de la gare est saisissante, Bastien se sent ailleurs. Les cris des locaux, leur accent et puis l’odeur de l’iode qui flotte un peu partout dans l’air ne laissent aucun doute.
Le trajet en taxi de la gare jusqu’à l’hôtel est rapide, l’homme contemple la mer qui défile à travers les vitres fumées.
Le chauffeur de Taxi : “Et voilà, Monsieur Bastien, en vous souhaitant un bon séjour”
Bastien lui tendant une pièce : “Merci, tenez, ça fera pour payer des bonbons aux enfants”
Le chauffeur le salue chaleureusement puis remonte dans sa voiture, tandis qu’un employé vient chercher la valise du voyageur.
Le portier : “Je me permets de prendre votre valise, Monsieur…?”
B : “Bastien agence Travel xPerience”
Le portier : “Très bien Monsieur Bastien, suivez-moi, nous allons procéder au check-in”.
Le portier escalade les imposantes marches, suivi de Bastien qui contemple, abasourdit, l’immense bâtisse du XVIIIe siècle.
Le portier : “Le bâtiment qui se dresse devant vous a été réaménagé par l’architecte de renom : Felix Blanchet avant d’être inauguré par Napoléon III en personne, le 15 novembre 1866. Transformé en hôtel en 2013, notre établissement propose un spa avec six salles de soin, un sauna et deux hammams, un centre de fitness ainsi qu’une piscine intérieure. Toutes nos chambres donnent sur le Vieux Port de Marseille ainsi que Notre Dame de la Garde”
B : “Sublime, j’ai hâte de découvrir ce lieu impressionnant”
Son téléphone vibre dans sa poche.
Nouveau message de Rose de Travel xPerience : “Bastien, j’espère que le lieu vous plaît, nous l’avons choisi avec soin.”
Nouveau message de Rose de Travel xPerience : “Ah, j’oubliais… votre chambre n’a pas été choisie par hasard non plus… en vous souhaitant un bon séjour ;)”
L’homme réfléchit un instant puis se laisse happer de nouveau par l’incroyable vue.
Quelques clients discutent un verre à la main, devant l’entrée principale.
L’immense hall, revêtu de peinture aux plafonds, de fauteuils Duchesse et d’imposantes amphores couleur terre de Sienne, débouche sur une rangée de comptoirs aux allures baroques.
Un petit homme aux cheveux roux, siège derrière le guichet. Il est aimable et souriant, le check-in est rapidement terminé, toutes les informations étaient déjà pré-remplies.
Bastien arpente les couloirs de l’hôtel qu’il contemple avec émerveillement. Ce lieu emblématique est absolument incroyable.
Son regard se perd au loin, happé par la vue de Notre Dame de la Garde, entre chaque coussiège de pierre.
La laine de mouton indigo qui recouvre les immenses tapis Azilal, est une invitation à ôter ses chaussures. L’homme s’assied un instant pour contempler l’écume de la mer scintiller sous les rayons du soleil. Puis, il se déchausse afin de goûter à cette caresse, offerte.
Une femme et un homme qui semblent plus que complices, sortent de leur chambre en riant.
Le couple s’adressant à Bastien : “Nous avons fait la même chose en arrivant, ces tapis sont si doux qu’on pourrait y dormir”
B : “Effectivement, je n’arrive plus à me lever, cet endroit est incroyable”
L’homme du couple : “Votre chambre est à quel étage ?”
B : “Eh bien cet étage, chambre 309 si je ne me trompe pas”
L’homme du couple : “Ah et bien, nous sommes vos voisins de chambre, nous avons la 310. De ce côté, les balcons donnent sur le vieux port, le matin, vous pouvez parfois sentir l’iode se mêler aux odeurs du marché, un vrai bonheur. Bienvenue dans tous les cas, je m’appelle Julien et voici Élodie”
Bastien : “Merci beaucoup, enchanté, Bastien”.
Julien est grand, brun, plutôt mince, d’apparence assez classique. Élodie est petite, rousse, assez fine. Elle arbore de nombreux tatouages et démontre un style plus excentrique.
Julien : “Vous venez d’où si ça n’est pas indiscret ?”
Bastien : “Non non, de Paris, 15ᵉ et vous ?”
Julien : “Nous sommes Lyonnais, vous voyagez seul ?”
Bastien : “Oui, tout à fait… Seul”
Julien : “Écoutez, si cela vous tente, demain soir le bar de l’hôtel organise une soirée cubaine, nous y serons aux alentours de 20h”
Bastien : “Merci, c’est très sympa, pourquoi pas, je n’ai rien de prévu encore”
Julien : “Très bien, peut-être à demain alors”
Le couple s’éloigne et disparaît dans la pénombre des interminables couloirs de pierre et de pisé.
Bastien glisse la carte magnétique dans la serrure électronique de la chambre. Le verrou claque puis la porte s’entrouvre. Il découvre une grande entrée dans les tons de bois accolée à une immense chambre aux couleurs prune. Un secrétaire est adossé au mur tandis qu’un lit king size trône au centre de la pièce.
Il dépose ses affaires sur le repose-valise puis ouvre la porte-fenêtre afin d’admirer la vue depuis le balcon.
Le cri des mouettes se mêle au son des régurgitations d’eau, des haubans et du ronronnement des bateaux qui quittent le port. Il n’y a pas de doute, les vacances commencent maintenant.
[Marseille — bar de l’hôtel — le lendemain soir]
Julien regagne la table haute sur laquelle l’attend Élodie, deux Moscow Mule en main. La musique cubaine habille un peu plus l’ambiance déjà festive tandis que le coucher du soleil révèle les pierres dorées de la splendide bâtisse.
Julien : “Et voilà ma chérie, santé”
Élodie : “Santé chouchou”
Élodie et Julien se sont rencontrés sur le tard, à un moment où aucun d’eux ne croyaient plus en l’amour : les éraflures de la vie, la désillusion des mirages déchus… Pourtant, depuis qu’ils se connaissent, c’est l’amour fou. Cela fait bientôt deux ans qu’ils se fréquentent, le temps passe vite. Ils n’ont changé qu’une chose, à la différence de leurs histoires passées : le couple vit désormais selon ses propres modalités, on apprend de ses erreurs.
“La liberté des uns s’arrête là où commence celle des autres” disait John Stuart Mill. Julien et Élodie expérimentent la liberté au sein de leur couple. Ça n’est pas simple tous les jours, ils ont dû élaborer des règles. Mais, contre toute attente, cela les rend plus libres et surtout plus épanouis.
Élodie est une femme plutôt sauvage, dans un premier temps, aussi réservée qu’elle est espiègle lorsqu’on la met à l’aise. Julien est tout l’inverse, sociable et extraverti de prime abord, il s’avère plutôt farouche et craintif quand on le connaît mieux. Du même âge, à quelques semaines près, ils fêteront bientôt leur quarantaine, ensemble.
Bastien souriant à pleines dents : “Bonsoir…”
J : “Eh Bastien, ravi que tu nous rejoignes »
B : “Eh bien, merci pour l’invitation, plaisir partagé !”
J : “Nous sommes à la Vodka… Moscow Mule, tu connais ?”
B : “Ah oui, vous attaquez fort, je connais bien sûr”
J : “Je crois que les commandes se font directement au bar”
B : “J’y vais de ce pas”
Bastien se dirige vers le bar, aucun détail ne lui échappe : ce couple de clients plutôt âgé dont les dents sont étonnamment blanches, le petit tatouage d’un chef Sioux sur l’avant-bras du barman, les dessins aux couleurs pastel de l’immense lustre suspendu au-dessus du comptoir. Soudain son téléphone vibre.
Nouveau message de Rose de Travel xPerience : “Bastien, passez une excellente soirée, je ne doute pas une seconde qu’elle vous plaise ;)”
Il n’a pas le temps de répondre que le barman l’interpelle.
Le barman : “Bonsoir Monsieur, qu’est-ce qui vous ferait plaisir ?”
B : “Je prendrai un Gin Tonic s’il vous plait… Hum, avez-vous du Sipsmith ?”
Le barman : “Bien sûr Monsieur”
B : “Parfait, un Gin Tonic au Sipsmith s’il vous plaît”
Le barman : “Puis-je me permettre d’y ajouter une écorce d’orange, Monsieur ? Cela relève encore un peu plus les arômes du Gin”
B : ”Avec plaisir”
Bastien sort un billet de vingt Eurodollars, il prend son verre puis se dirige vers la table lorsqu’il sent le regard du couple se poser sur lui furtivement.
J : “Bastien, je vais être jaloux, ma femme vous trouve charmant”
B : “Oh oui ? Merci beaucoup, vous formez un beau couple tous les deux”
Élodie : “Votre cocktail a l’air terriblement bon”
B : “Ah, c’est un Gin Tonic, mais je crois que le barman a improvisé quelque chose d’intéressant, vous voulez goûter ?”
E : “Avec plaisir !”
La jeune femme saisit le verre, puis aspire délicatement le liquide translucide à travers la paille, prenant soin de jeter un regard brûlant à l’invité qui la contemple ardemment.
E : “Hum, c’est un délice”
J : “Racontez-nous Bastien, que faites-vous à Marseille ?”
B : “Je suis en vacances ! Un voyage organisé par une agence de voyage… Et vous ?”
J : “Nous sommes venus rendre visite à des amis qui viennent d’avoir des jumeaux, vous avez des enfants ?”
Bastien en souriant : “Non, je n’ai pas encore saisi l’opportunité qu’on dessine sur les murs de mon salon, et vous ?”
Julien fixant Élodie : “Nous non plus, même si Élodie en fait de plus en plus souvent allusions”
E : “Arrête de dire ça ! J’ai parlé de prendre un chaton, mais Julien voit des allusions partout”
J : “Je lui ai promis qu’on s’entrainerait à en faire…”
Bastien souriant : “C’est comme ça qu’ils sont le mieux réussis”
E : “Est-ce que l’on peut vous demander si vous êtes célibataire ?”
Bastien : “Oui aucun souci, je n’ai pas de mal à parler de ça. Je suis séparé depuis quelques mois”
E : “Oh vraiment désolée”
B : “Vous ne devriez pas, je crois que je suis plus heureux comme ça”
J : “Et c’est ce qui compte… Nous avons fait le constat, avec Élodie, que nous n’étions pas réellement heureux dans nos précédents couples. Il faut trouver le bon partenaire, mais également le bon dosage entre : passion, indépendance, confiance et liberté”
B : “Je crois que vous avez totalement raison”
E : “Aujourd’hui, nous sommes épanouis ensemble… et nous nous sentons libres d’expérimenter ce qui nous fait envie”
B : “Ah oui… C’est parfait ! Ça me donnerait presque envie de me remettre en couple haha”
Julien d’un air joueur : “À défaut d’être en couple ce soir, nous pouvons vous proposer de vous ouvrir la porte de notre chambre…”
Bastien reste quelques secondes sans voix. Il est en train de réaliser que Julien et Élodie lui proposent de partager leur lit.
B : “Eh bien… Je n’ai encore jamais fait ça… Mais, je crois que ça me tenterait bien”.
Julien taquinant Élodie : “Vous nous en verriez ravis, surtout Élodie”
Les verres se vident et se remplissent au gré des percussions de la musique cubaine. Jusqu’au moment où les amants décident de remonter, ensemble, dans leurs chambres.
Élodie ouvre la marche, suivie de Julien puis de Bastien. Rapidement, l’homme du couple prie son nouvel ami de passer devant lui. Bastien s’avance, il admire le déhanché d’Élodie qui joue plus que jamais de ses formes dans la montée d’escalier. La belle quitte ses talons, bientôt rejoint par les deux hommes qui s’extasient au contact des tapis sous leurs pieds.
J : “Je veux les mêmes chez moi”
B : “C’est tellement agréable !”
Élodie pousse la carte dans la serrure magnétique puis elle se retourne et bloque les deux hommes.
E : “Un baiser pour entrer !”
Julien lui attrape la bouche et l’embrasse fougueusement, puis il rentre à l’intérieur. Bastien s’avance vers la jeune femme lorsqu’elle pose ses mains de part et d’autre de son visage et l’embrasse sensuellement. Puis, elle se retourne sans un mot et entre dans la chambre.
J : “Il nous reste un fond de Vodka dans le frigo, est-ce que vous en voulez ?”
B : “Allez, trinquons aux… découvertes !”
Julien sert trois shots de Vodka à raz bord, les amants s’assoient sur le lit, ils trinquent, puis ingurgitent l’alcool pur d’un coup sec.
E : “Ouh là, j’ai chaud d’un coup” lance Élodie tout en glissant vers l’arrière.
Julien saisit la main de leur nouvel ami et la pose sur la cuisse d’Élodie. Bastien comprend que l’homme l’invite à caresser sa femme et plus encore.
J : “J’adore voir Élodie prendre du plaisir avec un autre homme, ne t’en fais pas”
Il relève doucement la robe de la belle pour laisser apparaître ses jambes et sa petite culotte en dentelle pourpre. Bastien nourrit son désir en dévorant progressivement la jeune femme du regard. Puis, il dépose une main sur le ventre nu d’Élodie qui frissonne.
Il remonte doucement vers sa poitrine tandis que Julien continue de déshabiller sa compagne immobile, comme offerte. Élodie se délecte déjà des attentions qu’elle s’apprête à recevoir des deux hommes.
Julien à Bastien : “Tu peux jouer avec elle, elle adore ça… Et moi, j’aime la regarder se métamorphoser”
Puis il s’assoit sur le petit fauteuil en face du lit et se met à contempler la scène.
Bastien retire son tee-shirt, Élodie le dévore déjà du regard. L’homme dirige ses lèvres près du visage de la belle et dépose un baiser derrière son oreille. Puis, il agrippe tendrement sa gorge d’une main et l’embrasse dans le cou. La jeune femme tremble de tout son être, l’émotion est réelle. Julien savoure cette scène qui glisse doucement vers l’érotisme.
Le regard des amants s’attrape et leurs bouches s’essaient pour la seconde fois. Élodie lèche les lèvres de Bastien qui mordille les siennes en retour.
Il lui capture les poignets et les plaque au-dessus de sa tête. Elle obéit docilement tandis qu’il effleure d’un doigt, le dessous de ses bras entièrement tatoué.
L’homme descend sa bouche sur les flancs de la belle, au niveau de sa poitrine, puis la couvre de baisers. D’un mouvement, il attrape l’une de ses cuisses qu’il ramène vers lui. Le sexe d’Élodie est découvert et son concubin peut désormais admirer le fluide qui s’en échappe à grosses gouttes.
La tentation est immense, Julien sort de sa contemplation et s’agenouille au pied du lit, puis il plonge son visage en elle. La jeune femme se met à gémir de manière incontrôlée. Bastien ouvre son pantalon et présente son sexe à la bouche d’Élodie qui le saisit vigoureusement.
Le silence, feuillé de luxure, n’est plus qu’un court intermède entre les souffles, les râles et les cris de plaisir.
Élodie dépose ses jambes sur les épaules de Julien qui la pénètre vivement, tandis que Bastien lui baise furieusement la bouche.
Julien : “Chérie, tu voudrais te retourner, je veux voir Bastien te prendre”.
Élodie acquiesce d’un air volontaire, elle se retourne puis se met à quatre pattes. Bastien enfile un préservatif et entre en elle doucement. Julien la mange du regard, son corps est mirifique dans cette position. L’invité accélère ses va-et-vient en plissant les yeux. Il prend un plaisir infini, à chaque aller-retour dans ses fesses ouvertes. Julien contemple la scène en se caressant. Aucun détail ne lui échappe : sa cambrure, ses petits pincements de lèvres, ses gémissements… Il aime la voir se changer en Succube lorsqu’elle s’acoquine avec un autre homme.
Il crache entre ses fesses, les frappe de la paume de la main puis pose son pouce à l’entrée de son anus. La croupe de la jeune femme vibre sous les coups de reins de l’autre homme. Julien enfonce délicatement son doigt en elle tandis qu’elle lâche un petit gémissement.
Julien : “Tu aimes ça hein ? Qu’on te prenne partout, comme une petite chienne ?”
Élodie : “Oh oui j’aime, oh oui j’aime, oh oui j’aime”
Julien s’adressant à Bastien : “Fesse là…”
Bastien lance le revers de sa main contre l’une des fesses d’Élodie qui gémit.
Julien : “Plus fort, vas-y n’aie pas peur”
Bastien réitère, sa gifle claque fort cette fois et Élodie pousse un cri.
Julien : “Encore, corrige là bien !”
L’homme recommence, il gifle ses fesses encore un peu plus fort, entre deux hurlements.
Julien s’adressant à Bastien : “Elle est prête… Tu n’as rien contre une position à trois ? Élodie adore, je te propose de t’allonger…”
L’invité s’arrête puis s’allonge sur le dos tandis qu’Élodie vient se planter sur lui en ondulant. Julien passe derrière eux, il attrape le visage de sa femme et plonge un doigt dans sa bouche. Dans le même temps, il introduit doucement son sexe dans son anus.
La suite est bestiale, les deux hommes s’occupent minutieusement de chacun des orifices d’Élodie. L’odeur du plaisir embaume la chambre qui s’est changée en un théâtre d’obscénités. Les râles et les hurlements se mêlent aux bruits des corps qui claquent et s’enchevêtrent.
La jouissance est proche, les cris de la jeune femme se font de plus en plus stridents. Elle sent la chaleur de cette petite mort naître dans son bas ventre. Puis, dans un ultime coup de rein, le son de sa voix s’éteint et elle explose. Ses jambes se mettent à trembler toutes seules. La puissance de cet orgasme est phénoménale, à tel point qu’elle en a le souffle coupé.
Puis les deux étalons s’effondrent sur le dos à ses côtés.
Élodie : “C’était fantastique… Vous avez joui vous ?”
Julien et Bastien répondent de concert : “Non… mais c’était dingue”
Élodie : “Ah non ! Je veux que vous jouissiez !”
Elle se redresse, saisit les sexes des deux amants de part et d’autre du lit et commence à les masturber vigoureusement.
Élodie : “C’est bien mes petits chats, vous allez jouir entre mes doigts”
En quelques minutes, Élodie fait monter la température, le désir transparaît au travers des mouvements lents et sensuels que forment ses mains. Les deux hommes éjaculent presque ensemble dans une ultime montée d’excitation.
Puis les trois amants s’écroulent et s’embrassent paisiblement tandis que le sommeil les gagne peu à peu.
[Marseille — Deux jours plus tard — plage de la pointe Rouge]
La tramontane fait rage depuis quelques heures. Le sable vole sous les bourrasques de vent. Bastien est tiré hors de ses pensées, il secoue sa serviette machinalement avant d’attraper son portable.
“Alerte info – Le roi d’Angleterre Charles III est décédé à l’âge de 81 ans”
“On va encore en entendre parler pendant des mois” se dit-il en faisant défiler les actualités du jour.
Au même instant : nouveau message de Rose de Travel xPerience : “Bonjour Bastien, j’espère que votre séjour à l’Intercontinental vous a plu ? Profitez-bien de ce dernier jour de plage, un taxi moto vous attendra devant l’hôtel, demain matin aux alentours de 10h, gardez votre maillot de bain près de vous ;)”
L’homme repose son téléphone dans sa pochette puis fixe l’horizon. La mer rencontre le ciel à la manière d’une peinture de Nicolas de Staël. Les petits rouleaux qui se forment au loin, ressemblent à des mirages qui brillent puis disparaissent dans l’immense masse bleue. Bastien tapote sur son téléphone : “Merci beaucoup Rose, c’était incroyable” puis il s’étend sur sa serviette et replonge dans ses pensées.
[Marseille — hôtel Intercontinental — Le lendemain matin]
La moto taxi électrique jaillit devant l’entrée dans un grésillement sourd. Le chauffeur fait signe à Bastien de s’approcher, il a gardé son casque à la visière fumée. Bastien découvre la silhouette d’une femme. La tenue de cuir noir, dont le galbe ne laisse aucun doute, épouse ses formes élégantes. Sans un mot, elle lui tend un casque et l’invite à monter.
Bastien : “Bonjour, est-ce que je peux savoir où nous allons ?”
La femme à la moto taxi : “A Castellane”
Puis la moto démarre sans un bruit et s’élance sur la route à pleine vitesse.
Bastien connaît le village de Castellane, entre Nice et Manosque, mais il ignore tout de ce qui l’attend là-bas. Le soleil commence à frapper fort sur les petites routes entourées de garrigue. L’engin électrique ne fait aucun bruit, si bien qu’il donne l’impression de planer au-dessus de la chaussée. Le paysage file à travers les visières à une vitesse ahurissante. Le chant des cigales les accompagne le long du voyage qui dure moins d’une heure. Bastien aperçoit les premiers panneaux indiquant “Castellane”.
La moto ralentit puis s’arrête devant une petite colline qui surplombe les gorges. Au loin, on peut apercevoir une bâtisse en pierre qui ressemble à un vieux moulin. La grande maison cylindrique de trois étages, est parée d’ailes en bois dont les voiles ont été attachées.
La moto entre par le petit portillon de fer blanc qui s’est ouvert à leur arrivée. La jeune femme coupe le moteur puis ôte son casque.
Rose souriant : “Bonjour Bastien”
Bastien décontenancé : “Rose ? Qu’est-ce que vous faites là ?”
Au grand étonnement de l’homme, c’est Rose, l’agent de voyage en personne, qui l’a conduit jusque-là. La belle brune secoue la tête puis passe la main dans ses cheveux qui ondulent légèrement.
Rose souriant : “Je suis venue vous apporter les résultats de vos tests, évidemment !”
Bastien : “Je… vois”
Rose : “Allez-y entrez, c’est un endroit incroyable qui nous attend…”
Bastien s’avance en direction du petit porche. Il abaisse la poignée en céramique pour découvrir l’intérieur de la bâtisse. C’est une grande pièce circulaire, de bois et de pierres brutes. La lumière traverse l’édifice de part en part, infiltrant les interstices comme des lames d’épées. Au centre, un solide escalier en colimaçon part des caves et grimpe jusqu’au toit.
Le sol est recouvert d’une épaisse moquette angora de couleur noire tandis que les murs sont cuivrés. Rose lui fait signe.
R : “Allons dans les étages si vous le voulez bien”
B : “Je vous suis !”
À mesure que l’homme gravit les marches, il découvre les installations hors du commun de ce lieu inaccoutumé.
R : “Vous êtes à l’intérieur de ce que l’on appelle : un donjon dans le jargon BDSM. Une sorte d’immense salle de jeux pour adultes, toute équipée. Cela permet de laisser libre cours à son imagination, sans aucune limite.
“La roue des supplices”, c’est le nom que porte cet ancien moulin à vent réaménagé en playroom, possède un spa avec un jacuzzi et une piscine intérieure au sous-sol, trois chambres doubles, quatorze installations techniques et plus de quatre cents accessoires en tout genre. Le lieu est triplement isolé contre le bruit. Autant vous dire qu’aucun son ne peut s’en échapper. »
Bastien est abasourdi par ce qu’il découvre, il ignorait que ce genre de lieu existait. Des chaînes, du cuir, des cordes, du bois… un lit à sangle, une croix de Saint-André, une balançoire, un pilori, une chaise gynécologique, un banc à fessée… la liste du matériel qu’il a sous les yeux est aussi longue que les heures de plaisir qui l’attendent.
R : “Je vous propose de commencer à jouer”
B : “Ah… Oui bien sûr… jouer, mais avec qui ?”
R : “Suivez-moi” dit la jeune femme, le regard lumineux.
Rose l’emmène au dernier étage, le plus sombre des trois.
La pièce est presque vide, on y aperçoit des sangles, à différentes hauteurs, vissées sur une moitié des murs. Et puis, des dizaines d’accessoires, pendus à des petits clous, sur l’autre moitié. Au centre, une immense chauffeuse circulaire épouse le contour de l’escalier. Ce lieu respire la liberté autant qu’il transpire le vice.
Rose invite Bastien à s’assoir sur l’épaisse pièce de tissus. Puis, elle recule d’un pas et fait doucement glisser la fermeture éclaire de sa tenue de cuir qui s’effondre sur le sol. Le cœur de Bastien chavire au même instant. La jeune femme est presque nue, désormais, un simple bandeau de tissu l’habille. La pièce de lingerie noire, ne recouvre qu’une infime partie de son intimité. Rose est étourdissante de beauté.
R : “Est-ce que… je vous plais ainsi ?”
B : “Je n’ai pas les mots… Vous êtes… sensationnelle, un ange tombé du ciel”
Rose l’air espiègle : “Merci… J’apprécie votre engouement. Mais vous savez, je ne suis pas quelqu’un de très sage… On ne vous a jamais appris à vous méfier des apparences ?”
Elle attrape un “flogger” sur le mur, sorte de petit fouet à lanière, et le tend à Bastien. Puis s’agenouille dos à lui et enfile sa main dans l’une des sangles au-dessus d’elle.
R : “J’ai besoin de votre aide pour attacher cette sangle”
L’homme s’agenouille, il saisit sa main ballante et l’attache fermement. Puis il contemple la jeune femme qui s’offre à lui, pleinement soumise, à sa merci. Elle est dans une position plus qu’excitante : à genoux, les cuisses à demi ouvertes, le dos cambré et les bras attachés au-dessus de la tête.
R : “Maintenant, corrigez-moi…”
Bastien ressent une étrange sensation de toute puissance et à la fois de grande responsabilité. Il se redresse, la moquette crisse sous ses pieds, puis il serre son poing autour de la poignée de cuir, et il frappe.
Le son des lanières claque sur les fesses de Rose, comme la pluie sur les feuilles d’un chêne. Elle pousse un soupir de plaisir. L’homme réitère, cette fois il vise le creux de ses fesses.
R : “Allez-y… plus fort” lui lance-t-elle avec affront.
Il recule d’un pas, puis là fouette une nouvelle fois. La volée est sévère, l’homme commence à se prendre au jeu. Rose pousse un nouveau cri. Elle se tortille au bout des sangles. Le coup était puissant, piquant, mais rapidement, la douleur de l’impact se change en plaisir. L’homme frappe de nouveau, puis encore. La scène est torride. Aucun son n’entrave le silence de cette correction, si ce n’est les lanières sur la peau de Rose, mêlés à ses gémissements.
Bastien s’agenouille un instant, les fesses de la belle brune sont légèrement rouges. Il prend soin de la caresser tendrement. Elle tressaille de plaisir. Puis, il vient glisser une main au niveau de son sexe. L’homme caresse doucement ses lèvres trempées. Rose exulte, la correction qu’il lui inflige est aussi intense qu’elle est délicate.
Il frictionne progressivement son clitoris puis se redresse et lui assène un nouveau coup.
Elle pousse un gémissement de surprise. Bastien joue avec ses émotions, il alterne masturbation et coup de fouet… La jeune soumise se répand sur le sol. Ses fesses sont rouges écarlate désormais.
Il pose une main sur sa poitrine, puis saisit son cou et l’embrasse langoureusement. La jeune femme s’accroche à ses lèvres.
Depuis le début, Bastien prend le temps d’observer ses réactions, il est à l’écoute. Ce mélange attentif, de douceur et de fermeté, la rend folle de désir.
B : “J’ai envie d’essayer d’autres jouets” dit-il d’un air curieux.
R : “Oui maitre”
B : “C’est comme ça qu’on dit ?”
R : “Quand la confiance est là, oui”
B : “Très bien”
Bastien parcourt le mur de jouets, lorsque son regard s’arrête.
Une chainette, terminée par de petites pinces, pend sous la mention : “pince à tétons”.
Il saisit l’accessoire, le manipule quelques secondes puis il positionne les pinces sur le bout des seins de sa suppliciée. La jeune femme lâche un petit “Hiiiiissssssssssss” en frissonnant.
B : “Est-ce que ça va ?”
R : “Oui maitre, ça pince, mais vous êtes très doux”
Bastien laisse glisser les lanières du petit fouet sur le corps de sa soumise. Il s’attarde sur ses cuisses, puis vient doucement tapoter son sexe, qui a inondé le sol.
B : “Est-ce que c’est ici que vous aimez que je vous touche ?”
R : “Oh oui maitre !”
L’homme entre un doigt dans le sexe de la jeune femme qui gémit. Il fait de petits mouvements circulaires à l’intérieur de celui-ci.
B : “Comme ceci ?”
Rose gémit de plaisir.
Puis il se redresse et la fouette de nouveau.
La séance dure une bonne heure. Ses tétons sont violacés, ils commencent à la faire souffrir. L’apprenti bourreau retire les pinces puis prend ses seins dans la bouche. Le chaud froid est jouissif pour la jeune femme qui s’en délecte.
L’homme cherche un nouveau jouet. Il aperçoit une sorte de micro sous lequel est inscrit : “Wand”
B : “Tiens, c’est intéressant, je vais essayer ça”
Il presse le bouton tandis que le sextoy à tête vibrante se met à trembler.
B : “Nous allons voir combien de temps vous tenez avec cet appareil”
Rose se pince les lèvres… Bastien plaque le jouet vibrant entre ses cuisses. Elle se cambre d’abord sans un bruit. Puis, ses yeux se révulsent, sa bouche s’entrouvre, et elle se met à hurler de plaisir. La voyant réagir, il poursuit le supplice, peinant désormais à cacher sa propre excitation. La pénombre ajoute à la sensualité de cette scène parfaitement lubrique.
Il tente d’observer ses réactions, mais c’en est trop, Rose explose, la jeune femme jouit. Ses cris résonnent dans la grande pièce ronde. L’orgasme est intense autant qu’il est forcé.
Bastien coupe le Wand d’un air satisfait puis il enlace la belle qui tremble de plaisir.
B : “C’est bien ! Je crois que je vous ai assez corrigé”
Rose reprenant ses esprits : “Oui…”
B : “Je vous détache”
R : “Merci, c’était incroyable”
B : “Que diriez-vous d’un verre de vin dans le jacuzzi”
R : “Avec grand plaisir”
Les amants descendent au sous-sol, une bouteille de Coteaux du Verdon à la main. Ils s’installent dans le grand le jacuzzi noir.
R : “Vous étiez parfait Bastien… On dirait que vous avez fait cela toute votre vie”
B : “Merci, vous m’avez bien guidé. J’ai adoré cela”
R : “Je l’ai senti. Savez-vous que lors de notre prochain jeu, c’est moi qui dois vous punir ?”
B : “Ah oui ? Cela faisait partie de ma liste de fantasmes ?”
R : “Absolument !”
B : “Hum, alors ça sera avec plaisir…”
Les amants se prélassent dans l’eau chaude. Ils s’enlacent, s’embrassent et leur attirance ne faiblit pas. La bouteille est presque vide lorsque Rose invite Bastien à remonter dans les étages.
Bastien en souriant : “Où m’emmenez-vous cette fois ? Au Pilori ?”
R : “Non, mais vous n’êtes pas loin”
La jeune femme s’arrête devant la croix de Saint-André, puis elle regarde Bastien en souriant.
R : C’est ici que nous allons passer les prochaines heures”
Il observe l’immense croix de bois en forme de X.
Soudain, le téléphone de Rose vibre. Elle jette furtivement les yeux sur l’écran.
Nouveau message de Quentin de Travel xPerience : “Elle arrive”
Rose range discrètement le smartphone dans sa poche.
R : “Grimpez, je vais vous attacher”
La pièce est chaude et l’ambiance feutrée. L’homme laisse glisser sa serviette puis il monte sur l’installation de bois, sans vraiment savoir ce qui l’attend. Rose lui attache fermement les poignets et les chevilles aux quatre coins de la croix. Puis, elle allume la tablette à disposition et déclenche une playlist de musique électronique.
R : “Je me demande si je ne vous banderais pas les yeux… Oh, non, je crois que c’est aussi bien que vous puissiez nous voir.”
B : “Vous voir ?”
Le bruit du loquet de la porte d’entrée principale grince et des pas résonnent dans l’escalier.
R : “Ah oui… J’ai trouvé intéressant de nous offrir un peu de compagnie.”
Le visage de Mathilde apparait au-dessus de l’escalier.
Mathilde : “Bonjour !”
Bastien est estomaqué. L’émotion s’empare immédiatement de lui à la vue de sa complice de voyage.
Bastien : “Mathilde ?”
Rose : “Petit cadeau de fin de séjour. Bon, je dois vous avouer que c’est un cadeau réciproque, puisque vous attacher, était aussi l’un des fantasmes de Mathilde.”
Les mots ne sortent plus, l’homme est stupéfait… Il comprend que Mathilde faisait également son voyage avec Travel xPerience.
Deux femmes exceptionnelles ne sont désormais là plus que pour lui.
Rose saisit les plumeaux posés sur l’une des tables voisines. Elle tend l’un des jouets à la mannequin qui dévore Bastien du regard.
Puis, les bourrelles s’approchent et commencent à parcourir le corps du beau mâle. Il frissonne sous la caresse des plumes.
Rose fixe la verge de Bastien qui bande timidement.
R : “Regardez-moi cette beauté qui se réveille doucement, aidons-la un peu”
Les deux complices viennent effleurer les testicules du garçon. Il serre les poings sous la pression du désir qui déferle en lui.
Pourtant, son supplice ne fait que commencer. Les pulsations de la musique électronique échauffent les esprits des trois amis. Rose attrape une petite cravache et tapote l’intérieur des cuisses du prisonnier pendant que Mathilde l’embrasse dans le cou.
Mathilde en murmurant : “On va bien s’occuper de toi”
Les mots prononcés par la mannequin déclenchent une montée de désir immédiate dans le corps de l’homme. Il bande intensément.
Rose s’agenouille et entame une fellation enflammée. Elle se venge et tourne sa langue autour du gland du supplicié. Dans le même temps, Mathilde lui caresse les fesses et accompagne le mouvement. L’exercice conduit l’homme à quelques pas de la jouissance, puis Rose s’arrête.
Rose à Mathilde : “Je crois que je vais le laisser comme ça… À moins que tu ne veuilles prendre le relais ?”
La mannequin s’agenouille et se met à le masturber. Puis, elle sort sa langue et lui lèche doucement les testicules. Rose saisit le flogger qu’elle avait préparé sur la table et lui fouette vigoureusement le torse. Les sensations du prisonnier s’intensifient sous les nombreux stimuli.
Les Succubes lui font vivre un enfer. L’homme est emmené aux portes de la jouissance sans jamais la traverser.
Rose à Mathilde : “Que diriez-vous de le forcer à nous voir jouir ?”
Mathilde : “J’aime beaucoup cette idée”
Les deux femmes attrapent quelques sextoys. L’une s’allonge sur le dos, les cuisses ouvertes, l’autre se met à quatre pattes.
Elles activent les jouets qui ne tardent pas à faire effet. Les gémissements des deux diablesses s’entendent jusqu’au sommet du moulin. L’homme contemple la scène depuis le haut de sa croix de bois sans même pouvoir se soulager. De petites effluves giclent de sa verge tant le supplice l’excite.
Mathilde : “Putain, je veux qu’il me prenne !”
La mannequin se redresse, elle jette le jouet puis saisit un préservatif. Elle se penche dos à l’homme et s’empale sur sa queue. Il gémit, puis tente de lui asséner quelques coups de reins, malgré la contrainte des sangles qui l’entravent. L’étreinte est passionnée si bien que Mathilde commence à hurler de plaisir. Elle ondule fiévreusement contre le bassin de l’étalon qui exulte. Rose s’en mêle, elle s’agenouille puis pose son pouce sur le clitoris de Mathilde dans le but de la faire venir. De l’autre main, elle saisit les testicules du prisonnier qui s’apprête à jouir.
Rose à Bastien : “Maintenant je veux que tu jouisses au creux d’elle”
Pour la dernière fois, Bastien sent l’orgasme monter en lui. Cette fois, les deux complices ne s’arrêteront pas. Rose plaque les fesses de Mathilde contre la queue de l’étalon qui pousse un râle de plaisir et explose. Les tremblements de son bas ventre résonnent contre le sexe de la jeune mannequin qui jouit à son tour.
Les cris et les hurlements se mêlent aux basses du set de musique électronique.
Le plaisir déchire l’atmosphère et les Dieux de la luxure se penchent sur cette apothéose torride.
Pourtant, la journée est loin d’être terminée…
[Paris — Quelques mois plus tard]
Les deux amis poussent la porte de l’enseigne colorée. Ils se dirigent timidement près du comptoir.
Rose : “Bonjour, bienvenue chez Travel xPerience, Messieurs. Je m’appelle Rose, je suis à votre disposition pour toute question”.
L’un des deux amis : “Bonjour, nous voulions avoir des informations pour faire un voyage”
Rose : “Bien sûr messieurs, notre concept est un peu différent des agences de voyages classiques…”
Fin.