Dark Romance – New Romance

Hymenoptera – 35 min

Ecouter « Hymenoptera » en Livre audio (voix prêtée par : @la_parenthese_des_mots – insta) :

{Une fourmi a-t-elle un libre arbitre ? Suit-elle bêtement ses congénères ou prend-elle des initiatives ? En réalité, chacune de ses actions est programmée, comme les mouvements d’un pion sur un échiquier.}

Pascal – Tennis Club de Saint-Julien dans le Var

La pression est colossale. Les fibres de caoutchouc vulcanisées se compressent violemment, puis se détendent de nouveau. Pascal bondit comme un tigre, son pied gauche s’enfonce dans la terre battue. La puissance, due à l’inertie de son corps à pleine vitesse, est instantanément transmise à la raquette. Lorsque la balle frappe le tamis, ses deux mains sur le grip contrôlent parfaitement l’angle de visée. Le projectile a une vitesse inouïe, ce revers aurait pu être fatal lors d’un match. Le mur d’entraînement, lui, se contente de sortir la balle en touche. Les longues tiges de chardons s’étrillent sur le grillage qui grelotte au moment de l’impact. 

De jeunes écoliers qui partent au stade en rang par deux, contemplent le sportif s’évertuer sur le petit terrain. Pascal est grand, brun, solide, les yeux noisette et un sourire à la Bradley Cooper. Il faut bien le dire, il est absolument irrésistible lorsqu’il décide de séduire. Il a ce petit charme du doute, cette espèce de « je ne suis pas sûr de moi » qui, contrairement aux apparences, le rend si mystérieux et attirant.

Pascal n’a jamais aimé l’école, enfin si, les cours de sport et la récréation. Finalement, il a bien fait de ne pas trop écouter les sermons de ses parents. Les pauvres étaient inquiets jusqu’à ce qu’ils comprennent que leur fils avait de la suite dans les idées. Jouer peut devenir une passion, la transmettre, un métier. Le Tennis est un sport prisé dans la région, l’enseigner n’a pas de prix. C’est même ce qui lui a permis de rencontrer l’aristocratie varoise. Qui aurait cru, que cet ancien cancre côtoierait un jour la haute ? Pas ses professeurs en tout cas. 

Le sifflet d’un train de fret dont les voies traversent le champ voisin, retentit au loin.

Marc – Péage ferroviaire de Mourmelon-le-Grand dans la Marne

Les murs du petit bâtiment vibrent sous le vacarme des wagons qui défilent. Marc fait glisser son pouce sur l’écran tel un palet de hockey sur une patinoire. Les vidéos s’enchaînent sur son smartphone à un rythme effréné. Il avance, revient en arrière, repart, saute trois d’entre elles, regarde la quatrième. Les journées sont longues à Mourmelon-le-Grand, particulièrement, lorsque l’on surveille un péage ferroviaire. À raison de trois ou quatre trains par jour, en une heure, il a accompli le travail de sa journée. 

Marc trompe l’ennui depuis le petit local gris qui côtoie les rangées de voies rouillées. Lorsqu’il n’a pas les yeux rivés sur son téléphone, il s’entraîne à la manière d’un prisonnier. Il s’est bricolé une chaise romaine, avec quelques morceaux de ferraille qu’il a vissé au mur du bâtiment. Dix séries de pompes, huit de dips, six de tractions, puis des abdos par centaines.

Marc est blond, la quarantaine, sa peau marquée par le soleil en atteste. C’est un très bel homme, bâti comme un dieu grec. Fut un temps il enchaînait les conquêtes, néanmoins, comme le dit si bien l’adage : « on ne peut pas être et avoir été ». Lui a été justement, dans la marine, c’est de l’histoire ancienne désormais. Marc a passé quinze ans sur le port de Lorient en Bretagne. D’abord, navigateur timonier puis adjoint direct de l’officier-chef à la fin de sa carrière. Affecté au quart de navigation d’une frégate de l’armée française. 

Il en a fait chavirer des cœurs, mais au-delà du fantasme de l’uniforme, les femmes peinent à s’attacher à un homme qui part en mer trois mois sur quatre. 

Son regard se fixe sur la fenêtre en plexiglas à demi opaque : un coq traverse tranquillement les voies de chemin de fer.

Roaa – Gymnase du Grand Littoral à Marseille

Lorsqu’il est soumis à un stress important, l’image du coq revient souvent dans l’esprit de Roaa.

Sur le plan biomécanique, un KO est entraîné par un mouvement brusque de la tête. Le cerveau qui flotte dans le liquide céphalorachidien, vient percuter la paroi de la boîte crânienne, entraînant ainsi une perte de connaissance.

« Allez, tu vas l’avoir, tu vas y arriver !! », hurlent les proches du boxeur d’origine soudanaise, qui surveillent ses moindres mouvements sur le ring.

Les exhortations à vaincre se mêlent aux cris de la foule. L’homme est subitement plongé dans ses souvenirs d’enfance. Le temps d’une fraction de seconde, il sent le soleil caresser sa peau et le sable craquer sous ses pieds. Les rires de ses frères, puis leurs encouragements, retentissent au loin. Sa main effleure les plumes de l’animal qui panique. Le coq lui échappe une fois de plus, tant ses mouvements sont rapides.

Il revient à lui et frappe, le coup est fulgurant, si rapide qu’il donne l’impression de n’être jamais parti. Son adversaire s’écroule brutalement dans une nuée de gouttelettes scintillantes. Le crochet du gauche est passé derrière la garde, en plein dans le menton, sous les regards hébétés du public. Un geste technique parfait, le KO rêvé de tous les boxeurs. L’arbitre compte, mais c’est couru d’avance, l’adversaire ne se relèvera pas.

Le magnifique athlète, au corps sculpté et aux muscles ronds, affiche un sourire fatigué.

Étang-sur-Arroux, Saône-et-Loire

Cinq-cent vingt mètres carrés, onze chambres, sept salles de bain, une orangeraie, un pigeonnier… la bâtisse du XVIᵉ siècle, flanquée d’une tour ronde au toit d’ardoise, tient plus du manoir que de la maison bourgeoise. 

Helena l’a obtenue pour la modique somme d’un million neuf cent quinze mille euros. L’agent immobilier a pris une commission équivalente à un an de salaire, en une seule vente. L’argent n’a jamais été un problème pour Helena. Elle n’a pas d’enfant et ne l’emportera pas au paradis, elle le sait. D’ailleurs, elle ne croit ni au paradis, ni à l’enfer. Elle préfère la vie et profite allègrement de tous ses vices. Cette sublime quinquagénaire est bien loin de faire son âge. Helena passerait facilement pour une femme de quarante ans. Néanmoins, la richesse de ses expériences lui vaut bien son âge réel. Ses longs cheveux blancs la trahissent, mais ses petits yeux en amandes pétillent de vie. Les heures de sport et d’assouplissements qu’elle pratique quotidiennement, ont rendu son corps ferme et presque désarticulé. 

Petite, elle commandait ; adulte, elle dirige… C’est une femme de pouvoir dont le charme n’a d’égal que sa poigne. Une méthodiste qui aime l’ordre, la précision et la rigueur. Son livre de chevet mentionne le nom bien connu de « Donatien Alphonse François… de Sade » plus connu sous le nom du « Marquis de Sade » : il s’agit des « cent vingt journées de Sodome ». Helena se délecte de lire le génie lubrique de l’homme et la manière dont il a minutieusement préparé sa gigantesque orgie, durant plus d’un an. Déléguant à ses servants la lourde tâche de parcourir les contrées de France à la recherche des plus beaux spécimens humains. Malheureusement, le pauvre vivait ses fantasmes depuis sa cellule, dans laquelle il a passé la moitié de sa vie. Pas Helena, pour son plus grand plaisir, les mœurs ont changé depuis 1780. Le libertinage et l’adultère sont désormais autorisés, quand ils ne sont pas conseillés ! L’évolution de la société n’a pas que des désavantages.

Comme une petite graine qui germe dans la terre, le livre du Marquis l’a convaincue d’organiser ce jeu. Avec un avantage par rapport à l’époque de Sade : Internet. Cette fois, pas besoin de parcourir la France à cheval pour trouver de beaux spécimens. Un ordinateur, Facebook ou Instagram, un message privé et le tour est joué.

[…]

{Chaque colonie de fourmis possède son propre marqueur génétique, si l’un des membres ne détient pas le même, il est exterminé par les autres.}

Pascal – Restaurant « Le Prado », Saint-Julien dans le Var

Il est des questions qui reviennent fréquemment au cours d’une existence : « Pourquoi ? » en est une. 

Mohandas Karamchand Gandhi disait : « La vie est un mystère qu’il faut vivre, et non un problème à résoudre ». 

« Brrrrrrr Brrrrrrr » le téléphone vibre sur la nappe blanche tachée de vin rouge. Le jeune serveur saisit l’objet posé entre les miettes, puis sort avec empressement. 

« Monsieur, votre téléphone ! », s’exclame-t-il.

Pascal vient de franchir la porte vitrée, lorsqu’il entend la voix du jeune homme.

« Merci beaucoup, je crois que votre pot de côte ne m’a pas ménagé, excusez-moi » dit Pascal, l’air un peu ennuyé.

« Pas de souci Monsieur, bonne journée à vous » ajoute le jeune garçon.

Le professeur de tennis fait quelques pas, puis aperçoit la notification. 

Messenger : Helena De Chambronay veut vous envoyer un message : « Bonjour Pascal, je suis Marie, l’assistante de Mme de Chambronay. J’espère que votre journée de cours se passe comme vous le souhaitez. Vous avez été choisi par Mme de Chambronay pour participer à un jeu. Je suis ravie de vous y convier du 6 au 9 Juin 2023, à partir de 9 heures au Domaine du Castel, 71192 Étang-sur-Arroux. Vous n’aurez besoin que de vos effets personnels, tout le reste sera pris en charge par Mme de Chambronay. Dans l’attente de vous rencontrer, Marie. »

Pascal pense d’abord à une maman d’élève, qui pourrait bien se cacher derrière ce mystérieux message ? Elle semble le connaître, mais pourquoi lui ? Est-ce un canular ? Le message ne sonne pas faux pourtant, il se décide à répondre.

Messenger : « Bonjour, enchanté, puis-je savoir en quoi consiste ce jeu ? Et, pourquoi j’ai été sélectionné ? ».

Le message de Pascal restera sans réponse.

[…] Marc – Mourmelon-le-Grand

Il empoigne la petite bouteille puis la porte à ses lèvres. C’est une bière blonde, lumineuse mais amère, au bouquet herbacé. Le goulot est bien frais et la mousse serrée. Marc est en train de se détendre lorsque son téléphone sonne.

Messenger : Helena De Chambronay veut vous envoyer un message : « Bonjour Marc, je suis Marie, l’assistante de Mme de Chambronay. L’ennui au travail est parfois pénible, j’espère que vous arrivez à l’apprivoiser. Vous avez été choisi par Mme de Chambronay pour participer à un jeu. Je suis ravie de vous y convier du 6 au 9 Juin 2023, à partir de 9 heures au Domaine du Castel, 71192 Étang-sur-Arroux. Vous n’aurez besoin que de vos effets personnels, tout le reste sera pris en charge par Mme de Chambronay. Dans l’attente de vous rencontrer, Marie. »

Marc est désappointé, qui peut bien lui accorder autant d’importance ? Cette Helena le connaît-elle ? Lui n’en a aucun souvenir, il répond.

Messenger : « Bonjour et merci pour l’invitation, est-ce que nous nous connaissons ? »

Le message de Marc restera sans réponse.

Roaa – Vieux Port de Marseille

Le sportif évite de justesse la petite fille qui semble s’être écartée des jupons de sa mère. Cette partie est toujours compliquée après dix heures, le marché du Vieux Port prend toute la place. Tenter de courir au milieu de gens qui font leurs courses est simplement illusoire. 

« Brrrrrrr Brrrrrrr » le téléphone vibre dans la doublure de son short.

Roaa ralentit sa foulée puis d’un geste il déverrouille le petit objet électronique.

Messenger : Helena De Chambronay veut vous envoyer un message : « Bonjour Roaa, je suis Marie, l’assistante de Mme de Chambronay. Bravo pour le KO que vous avez brillamment infligé à votre adversaire samedi. Vous avez été choisi par Mme de Chambronay pour participer à un jeu. Je suis ravie de vous y convier du 6 au 9 Juin 2023, à partir de 9 heures au Domaine du Castel, 71192 Étang-sur-Arroux. Vous n’aurez besoin que de vos effets personnels, tout le reste sera pris en charge par Mme de Chambronay. Dans l’attente de vous rencontrer, Marie. »

Il s’arrête un instant puis relit le message. Est-ce une personnalité qui souhaite le féliciter ? Un jeu ? Mais quel jeu ? Y a-t-il de l’argent à la clé ? Il se remet doucement à courir tandis que les questions fusent dans sa tête. Finalement, le soleil commence à taper trop fort pour courir. Il s’arrête près d’un bloc de béton puis tapote sur son téléphone.

Messenger : « Bonjour, pour quelle raison je suis invité ? Roaa. »

Le message de Roaa restera sans réponse.

[…] 6 juin 2023 – 9h00, Domaine du Castel, Étang-sur-Arroux

Marie patiente dans la grande cour tapissée de petit gravier blanc, lorsqu’une voiture noire pénètre dans le domaine. La splendide brune n’est pas des plus émotives et heureusement. Seconder une femme de la trempe d’Helena n’est pas donné à tout le monde. C’est même un sacerdoce, un mode de vie pour elle qui a quitté ses géniteurs très jeune. Géniteurs oui, c’est ainsi qu’elle les appelle. Aucun lien affectif ne résiste à l’alcool. Si vous le laissez entrer dans votre vie, il vous attrape et vous broie. Les malheureux ont fait plusieurs cures, en vain, jusqu’à ce qu’on leur retire la garde de leur fille, alors âgée de 15 ans. Une triste histoire, comme il en existe des centaines. Marie a appris à vivre loin de ses émotions, Helena est devenue une mère de substitution pour elle, sa cour, une famille. 

« Merci » fait Marc en saluant le chauffeur.

« Bonjour, enchanté, je viens pour le jeu, je m’appelle Marc » ajoute-t-il en tendant la main à Marie.

« Bonjour Marc, le voyage s’est déroulé comme vous le souhaitiez ? », répond la jeune femme.

« Oui, ça a été, merci. Il est très beau… ce domaine » dit-il.

« Mme De Chambronay a tout fait refaire à son goût, elle sera ravie d’entendre cela » répond Marie.

« Elle n’est pas là ? J’aimerais saluer la personne qui m’a convié quand même. », ajoute-t-il.

« Vous pourrez le faire en temps voulu, ne vous inquiétez pas. Donnez-moi votre valise, je vais vous conduire à votre chambre » répond Marie.

Les rayons du soleil effleurent les toits d’ardoise qui jonchent le manoir à la manière d’une peinture cubiste. Marc relève légèrement la tête pour contempler l’imposante bâtisse qui se dresse devant lui. Elle lui rappelle les immenses bâtiments flottants sur lesquels il officiait jadis. 

Plus ils avancent vers l’édifice et plus l’homme ressent l’énergie se dégager de la pierre. Cette demeure semble posséder sa propre âme, chargée d’histoire. Pourtant, il ignore encore tout de ce lieu pour le moins mystérieux.

La grande porte s’ouvre, une espèce de vieux bras articulé électrique, lent et bruyant, manœuvre l’imposant morceau de chêne sculpté. L’entrée donne sur une grande pièce ronde, sertie de larges vitraux, dépeignant des scènes de luxures. Marc prend un instant pour contempler le chef-d’œuvre architectural qui s’érige devant lui. Ses yeux s’arrêtent sur l’une des sept scènes d’orgie qui figurent dans la rotonde. Trois hommes nus et attachés à une croix de bois sont disposés côte à côte. Trois femmes à genoux devant eux, caressent leurs sexes dressés. La subtile expression de leurs visages crispés, dépeint un mélange de souffrance et de plaisir. La légende mentionne les mots latins : « Delectatio Probat » qui signifie : « Épreuve de jouissance ». 

« C’est beau n’est-ce pas ? », lance Marie.

« Très… » répond Marc à moitié envouté.

La jeune femme lui fait un signe, puis s’engage dans l’immense escalier en colimaçon de hêtre et de granit. Ce dernier les amène près d’un couloir. Marie se fige devant l’une des cinq portes enchâssées dans la tapisserie baroque.

Marie : « Voici la chambre Pompéi, qui sera votre chambre pour le week-end. La première épreuve du jeu commencera à 14h, dans la rotonde, ne soyez pas en retard ».

Marc lui sourit : « Merci beaucoup, à tout à l’heure ».

L’homme pose sa valise puis s’allonge sur le grand lit paré de draps en satin. 

Le jeu… c’est pour ça qu’il est là. L’aventure, le mystère et la recherche d’adrénaline l’ont conduit jusqu’ici. Quel lieu extravagant et puis Marie, quelle femme ! 

Les voitures défilent dans la grande cour. Marie reçoit un à un les participants au jeu. Dix hommes au total, dix fabuleux mâles au physique affûté, aux traits fins et au charme étourdissant.

{Les hyménoptères (Hymenoptera) sont un ordre d’insectes dont fait partie la fourmi. C’est l’une des espèces les plus agressives du règne animal.}

La grande horloge indique bientôt 14h. Les invités commencent à descendre dans la rotonde. 

Marie est au centre, vêtue d’un ensemble complet de lingerie couleur carmin. Bas, jarretelles, guêpière, soutien-gorge corbeille et collier en dentelle. La jeune femme n’est pas magnifique, elle est sensationnelle, au point que les participants en restent bouche bée.

Elle énonce les règles d’une voix calme et posée :

« Bonjour et bienvenue à tous. Mme de Chambronay, la Reine de ce domaine, est absolument ravie de vous recevoir au manoir du Castel. Pendant la durée du séjour, vous serez ici chez vous. 

Le jeu que vous propose notre Gyne est un jeu d’adulte, vous l’aurez compris. Un contrat formel a été déposé dans vos chambres respectives. Ceux qui ne souhaitent pas le signer sont libres de partir dès maintenant. 

Pour les autres, le jeu est constitué de sept épreuves. Seuls les plus vigoureux d’entre vous atteindront la dernière : la chambre de la Reine.

Voici dans l’ordre les sept tribulations que vous devrez surmonter pour remporter le jeu : 

Ludo Probat : l’épreuve du sport

Oculos Probat : l’épreuve du regard

Tactus Probat : l’épreuve du toucher

Frustratio Probat : l’épreuve de la frustration 

Invidia Probat : l’épreuve de la jalousie

Delectatio Probat : l’épreuve de la jouissance

Regina Probat : l’épreuve de la reine

Les concurrents se toisent et le silence se brise à la manière d’un tribunal à l’énoncé du verdict. Deux participants remontent dans leur chambre afin de plier bagages. Les autres harcèlent Marie de questions : 

« Quelle est la récompense pour le gagnant ? », fait un homme, suivi par quelques autres.

« La Gyne offrira, non seulement et sans retenue, son corps au gagnant, mais ce dernier sera également convié à toutes les soirées d’orgies privées qu’organise Mme de Chambronay, et ce, à vie ».

Les regards se croisent, la phrase que vient de prononcer Marie a marqué les esprits. Plus encore, ses mots ont frappé la pierre angulaire du désir, qui se cache au fond de chaque homme. 

« Y-a-t-il d’autres questions ? », demande Marie, avant de poursuivre,

« Très bien, je vous attends donc à 15h dans le parc Sud du Manoir pour le Ludo Probat. »

« Ah oui, j’allais oublier, le dernier de chaque épreuve se verra définitivement éliminé du jeu. Merci à tous » ajoute-t-elle.

Le silence règne désormais dans la grande pièce ronde baignée d’ombre et de lumière. 

15h00 – Parc Sud du domaine – Ludo Probat : l’épreuve du sport.

Les sportifs s’échauffent comme ils peuvent, de petits groupes se sont formés par affinités naturelles.

« Tu viens d’où toi ? », demande Marc à un concurrent.

« Camarsac près de Bordeaux et toi ? », réplique l’homme.

« Je vis à Moumelon près de Reims mais j’ai passé 15 ans sur le port de Lorient » explique-t-il.

« Ah, je connais Lorient, j’ai… » l’homme est interrompu par Marie qui énonce les règles de l’épreuve.

Marie : « J’espère que vous avez pu vous reposer un peu. Bienvenue au Ludo Probat et merci aux présents d’être encore là. Sachez que Mme de Chambronay suit toutes les épreuves depuis l’intérieur du domaine. Elle départagera les éventuels exæquos s’il y en a. Cette épreuve va se dérouler en trois étapes : course à pied, parcours d’obstacles et enfin montée à la corde. Vous pouvez former des équipes ou bien participer seul… », poursuit-elle avec toute la clarté dont elle sait faire preuve.

Le sifflet retentit et les participants s’élancent. Certains sont impressionnés, d’autres moins, c’est le cas de Roaa qui a l’habitude d’enchainer les heures de sport et les entraînements intensifs. Marc aussi est aguerri à la course, l’armée ne l’a pas ménagé de ce côté-là, il discute calmement avec son nouvel ami.

Helena observe les hommes se battre contre l’épuisement, depuis le sommet de la petite tour circulaire. Ce spectacle la transcende, sentir la rage de vaincre de ces hommes et leur désir de gagner son corps. Son âme vibre enfin, la perspective de ces trois jours la transporte.

L’épreuve de la corde est manifestement la plus exigeante. Un homme glisse et s’arrache la peau des mains tandis qu’un petit attroupement se forme autour de lui.

« Apportez des compresses ou du coton… Et de la biseptine ! », hurle Marc qui lui prodigue les premiers soins.

Les premiers abandons commencent à tomber. C’est le jeu, il est cruel, pourtant, c’est précisément ce qui fait son charme. 

22h15 – Salon Athènes, aile Ouest du château – Oculos Probat : l’épreuve du regard.

Tous sont réunis dans l’impressionnant salon au décor Athénien. Le carrelage composé de grandes plaques de grès représente l’acropole d’Athènes. Tandis qu’une réplique de la statue d’Athéna Parthénos trône dans l’angle de la pièce.

Le souffle de Pascal s’accélère, ses yeux à demi révulsés trahissent son plaisir. L’homme reçoit une fellation des plus sensuelles. Pourtant, il ne bande encore qu’à moitié. Les dizaines de paires d’yeux qui toisent les moindres détails de son corps, n’y sont certainement pas pour rien. Heureusement, il n’a pas été tiré au sort le premier. Trois hommes sont déjà passés sur le lit central, disposé spécialement dans le salon pour l’épreuve du regard, devant les visages échauffés des spectateurs. 

La jeune femme qui s’évertue à le faire bander, lèche vigoureusement son sexe tout en caressant délicatement le creux de ses fesses. 

Marie observe la scène sans dire un mot. Le corps de Pascal ne laisse aucune femme aimant les hommes, indifférente. Ses fesses ovales et légèrement creusées sur le côté sont sculptées comme celles d’un dieu grec. L’homme, à genoux sur le lit, se cambre de plaisir sous l’insatiable appétit de la jeune femme qui prend soin de lui. La bouche de la jolie blonde travaille la queue du sportif tandis que sa langue se délecte de son gland. Il doit bander fort, et ce, malgré la pression des regards, c’est bien le thème de l’épreuve. 

La reine veut pouvoir compter sur un homme qui ne se laissera pas facilement impressionner. 

Le mot attendu de tous les compétiteurs résonne dans la grande pièce.

Marie : « Peracta ! » signifie « achèvement », signale la réussite de l’épreuve par le gagnant.

Une fois le mot prononcé, le choix est laissé aux participants de terminer ou non leur affaire dans leur chambre. Pascal saisit la main de la jeune femme qui lui jette un regard complice. Les deux amants s’éclipsent discrètement dans les couloirs du château tandis qu’un autre candidat s’avance vers le lit, la boule au ventre.

La nuit tombe, le vent siffle sur la grande tour tandis que le coassement des crapauds résonne près de l’étang.

Le lendemain matin 9h00 – Couloir Ouest du château

L’épaisse vapeur se dissipe sous les mouvements de la petite porte en verre. Roaa fixe le miroir qui laisse progressivement apparaître ses muscles bandés. 

L’athlète enroule la serviette brodée aux lettres du château autour de sa taille. 

Il entend frapper, la porte s’ouvre et une jeune femme apparaît.

« Bonjour, voici pour vous » s’exclame-t-elle en lui tendant un sac en papier noir.

« Merci, qu’est-ce que… » répond Roaa

« Les instructions sont à l’intérieur, bonne journée » rétorque-t-elle en fuyant.

L’homme referme la porte puis plonge la main dans le sac. Il en ressort un objet de caoutchouc et de métal. La petite étiquette accrochée à l’engin mentionne l’inscription : 

« Ceci est une cage de chasteté, elle empêche à l’homme qui la revêt, toute manifestation physique de désir. Vous devrez la porter ce jour à partir de 10h. »

L’homme est stupéfait, il manipule curieusement la ceinture, il ignorait que ce genre d’objet existait. 

15h45 – Salon Rome, aile Est du château – Frustratio Probat : l’épreuve de la frustration.

Les éliminations vont de bon train, le Tactus Probat ou épreuve du toucher, n’a épargné personne. Seuls cinq des dix participants sont encore dans la course. Le Frustratio Probat vient de commencer. La cage de chasteté n’est pas des plus confortables mais les concurrents à demi nus s’en accommodent. Leurs esprits s’échauffent graduellement sans que leurs sexes puissent le manifester. Le parfum de Marie qui flotte dans la pièce attise d’autant plus leurs sens en éveil. 

Les obscénités, qui se déroulent sous leurs yeux depuis maintenant quarante-cinq minutes, sont plus que torrides. Les gémissements des trois jeunes femmes qui s’empoignent sur le grand lit transforment l’épreuve en une véritable torture. 

Roaa observe nerveusement la scène tandis qu’une des participantes ne le lâche pas du regard. Le déni de son corps, contraint par la cage, le plonge dans une frustration insoutenable. Ses pensées sont tourmentées autant que son corps est devenu fébrile. 

Marie observe discrètement les compétiteurs assujettis à la douce torture. Le désir étouffé frappe les candidats comme une grenade dégoupillée dans un coffre blindé. La jeune femme se délecte de leur réaction qui la rende plus avide de luxure. 

La seconde étape de l’épreuve peut commencer. On ordonne aux concurrents de retirer les cages de chasteté. Leurs verges se gorgent immédiatement sous l’impulsion du désir enfin exprimé. Chacun doit s’avancer et recevoir les caresses d’une des jeunes femmes surexcitées. Les adversaires luttent contre l’envie mais les six heures d’attente vont rapidement avoir raison de l’un d’entre eux. Après quelques va-et-vient fiévreux, Roaa explose sur les fesses de l’une des filles.  Ses gémissements de plaisir résonnent aux quatre coins du grand salon.

« Ludus Finem » : « fin du jeu », s’écrie Marie, à peine le boxeur a-t-il terminé de jouir.

Les autres candidats reculent d’un pas sous l’émotion. L’envie peut devenir une torture lorsqu’elle n’est pas exprimée. Le boxeur vient d’en faire les frais malgré lui. Il est amer, tout s’est passé si vite. 

« C’est la fin du Frustratio Probat, merci à tous pour votre détermination. 

Les quatre finalistes se retrouveront ce soir, au salon Rome à 21h00, pour l’Invida Probat ou épreuve de la jalousie », s’exclame Marie d’un ton solennel.

Roaa marche d’un pas rapide en direction de sa chambre, l’épreuve l’a ébranlé. Le gaillard qui s’impose habituellement sur le ring traverse une mauvaise passe. L’homme est agité, il tourne en rond dans sa chambre comme un lion en cage. 

Au même instant – Couloir Est du château.

Marc tente également de calmer ses ardeurs, il presse le bouton, la bombe est dévastatrice, si bien que le château s’effondre sous l’explosion. Dix mille points en une attaque, c’est un bon score, même s’il a déjà fait mieux. Le son d’un petit poing clapote sur la porte de sa chambre, il verrouille son smartphone puis le jette sur le lit.

« Oui, qui est là ? », demande-t-il.

« C’est Marie, puis-je vous déranger un instant ? », répond la jeune femme d’une voix douce.

Il faut se rendre à l’évidence, la jolie brune hante ses pensées depuis leur rencontre dans la grande cour. Cette femme enfant qui cultive la sensualité autant que le mystère a séduit le marin. Ses yeux joueurs, son petit sourire narquois et ses formes divines stimulent le désir des hommes depuis toujours. Marie le sait.

Elle entre, prenant soin de refermer la porte derrière elle.

« Je ne vous dérange pas, j’espère ? », demande-t-elle calmement.

« Non, bien sûr que non, je suis ravi de votre visite ! », répond l’homme plutôt enjoué.

La jeune femme fait quelques pas, puis s’assoit sur le lit.

« Est-ce que je peux m’asseoir ici ? », demande-t-elle en souriant.

« Oui oui, je vous en prie. », répond Marc, s’asseyant près d’elle.

La robe noire que porte Marie, remonte légèrement sur sa cuisse, laissant apparaître les liserés en dentelle d’une paire de bas. 

« Comment vivez-vous ce week-end jusqu’à présent, Marc ? », fait-elle sur le ton de l’empathie.

« C’est intense, je ne m’attendais pas à ça. Pourtant, j’ai plutôt l’habitude des sensations fortes. Mais, ici, c’est différent. », répond l’ancien marin.

« Qu’entendez-vous par là ? Seriez-vous déstabilisé ? », réplique Marie.

« Ce lieu est aussi beau qu’ensorcelant. Je ne suis pas vraiment doué pour exprimer ce que je ressens, mais pour la première fois de ma vie, je me sens faible… », lâche Marc.

Marie le regarde intensément.

« C’est une belle réponse… » acquiesce la jeune femme en apposant sa main sur la joue de l’homme. 

Elle laisse glisser ses doigts jusqu’à la clavicule du marin qui se noie dans son regard. Puis, elle palpe son torse comme on examine un étalon de valeur. La jolie brune termine son numéro de charme, elle se relève puis se dirige vers la porte tandis que l’homme observe le mouvement de ses fesses onduler délicatement. 

« C’est très bien. Nous n’en avons pas fini vous et moi… » lance la jeune fille.

Marc est subjugué, il laisse Marie s’échapper de sa chambre sans dire un mot.

{Chez les fourmis, lorsque la colonie d’ouvrières meurt, la reine meurt également.}

21h00 – Salon Rome, aile Est du château – Invidia Probat : l’épreuve de la jalousie.

Le grand salon au thème Romain est le théâtre d’une nouvelle épreuve.

L’ensemble blanc tourterelle sublime le corps de Marie qui ondule sur le grand lit. Elle ne porte pas de culotte et se déhanche tel un Succube. 

C’est la première épreuve dans laquelle la jolie brune se met en scène. Elle est étourdissante et sait jouer de ses formes plus que quiconque au château. Son charme et sa sensualité naturelle vibrent comme les joyaux d’une couronne.

Sa petite bouche rose rejoint ses doigts, qu’elle suce langoureusement. Elle ouvre les cuisses et se caresse lentement. Les quatre candidats sont médusés par le spectacle auquel ils assistent. Leurs sens en effervescence trahissent l’envie qui monte furieusement en eux.

Marc admire la jeune fille tandis qu’elle le toise du regard. L’homme est ensorcelé, pour autant il ignore encore ce qu’il va devoir affronter. Les soupirs de la belle résonnent dans le salon, lorsqu’elle lui fait signe d’avancer.

Elle le saisit par la chemise et l’embrasse passionnément sous le regard des autres à moitié sonnés. Le baiser qu’elle lui donne est plus qu’ardent, Marc en est ivre. Il l’agrippe par la taille et l’embrasse à son tour. Leurs langues se dévorent dans un élan irrépressible. L’homme est emporté par la passion, il veut son corps, sa poitrine, ses fesses, son sexe. Mais Marie en a décidé autrement, elle somme l’un des trois autres concurrents de la rejoindre. L’heureux élu s’avance, elle l’embrasse à son tour. 

La jeune pernicieuse déboutonne le pantalon du deuxième homme et empoigne son sexe à demi bandé. Elle se met à le sucer fiévreusement tout en regardant le marin qui reste stoïque. Marc prend sur lui, après tout ça n’est qu’un jeu, et puis il connaît à peine Marie.

La langue de cette dernière s’enroule autour du sexe de l’homme qui commence à manifester son plaisir. Ça n’est pas terminé, elle fait signe à Pascal de les rejoindre. Le professeur de tennis rêve lui aussi de la jolie brune depuis le début des épreuves. Elle l’attrape par l’entrejambe et malaxe doucement ses testicules. Pascal commence à bander tandis que Marc blêmit. 

Pourquoi lui infliger cela ? À lui ? Ils sont quatre, et Marc a bien senti qu’il lui plaisait. S’est-elle jouée de lui ? Était-ce un piège au service du jeu ?

La jeune femme se cambre et présente sa croupe au sportif qui n’a qu’une envie : faire glisser son sexe entre ses fesses délicieuses. 

Pascal s’approche, l’empoigne puis la pénètre vigoureusement alors qu’elle poursuit sa fellation. La jolie brune lâche un petit cri de gorge, tout en jetant un regard lubrique à Marc.

La séduction peut s’apparenter à l’art de se faire désirer. Marie excelle à ce jeu-là.

Cette fois la colère de l’homme éclate comme la lave à l’intérieur d’un volcan. La jalousie s’est emparée de lui, c’en est trop. Tant pis pour l’épreuve, tant pis pour le jeu. Marc a le sens de l’honneur, il tourne les talons et quitte la pièce. 

Marie a eu ce qu’elle voulait, l’émotion du marin, sa jalousie profonde, animale, incontrôlable. 

C’est la fin de l’Invidia Probat. L’épreuve a duré moins de temps que prévu.

La jeune femme s’échappe à la poursuite du perdant, qu’elle rejoint rapidement dans sa chambre. Marc a jeté ses affaires sur le lit, il est en train de plier bagage. Marie ne prononce pas un mot. Elle lui prend la main et l’embrasse. Il résiste une seconde, mais le désir est trop fort. Marc n’est pas attiré par Marie, il en est passionnément amoureux. Il la saisit par la taille et la plaque contre lui. Son besoin de la sentir est pressant. Il veut ses lèvres, sa peau, son corps, son plaisir… La tension est palpable et pour la première fois Marie s’emporte. L’homme ne fait dès lors plus partie de la compétition, elle peut profiter de lui sans s’attirer les foudres d’Helena. C’est bien pour cela qu’elle s’est évertuée à le faire éliminer. Elle le voulait pour elle et elle seule. Généralement, les femmes excellent dans l’art d’obtenir ce qu’elles veulent, et Marie se surpasse à ce jeu.

Il dégrafe habilement son soutien-gorge et plonge la bouche contre sa poitrine. Les seins de la jeune femme sont mirifiques, il n’a jamais rien vu d’aussi sensuel. 

Marie a décidé de se faire pardonner, elle s’offre à lui comme un fil d’or sur un coussin de soie. Il la plaque contre la petite porte translucide, tandis qu’elle contemple leur image dans le miroir face à eux. L’étreinte est sauvage, elle sonne comme une punition consentie. L’ardeur des deux amants n’a plus de limites. Marie s’agrippe aux contours de la porte, tandis que ses gémissements se font entendre jusqu’aux confins du château. 

La nuit tombe et le manoir s’endort doucement.

Au même instant.

Pascal est allongé sur le grand lit aux draps de satin. Les images de ces deux jours passés au domaine tourbillonnent dans sa tête, les questions aussi. Ce jeu n’est-il pas en train de tous les rendre fous ? Marie a-t-elle comme mission de faire chuter les candidats ? Et Helena, qui est-elle ? Que pense-t-elle de lui à cet instant ? Le connaît-elle seulement ?

Le sommeil rattrape peu à peu le sportif qui s’endort paisiblement.

Le lendemain, 14h00 – Salon Athènes, aile Ouest du château – Delectatio Probat : l’épreuve de la jouissance.

Marie resserre les cordes en lin qui entravent les poignets des trois Apollons. Les concurrents sont nus, à genoux, les bras croisés dans le dos, fermement attachés aux pieux de bois qui trônent dans la pièce. Pascal est au centre, paradoxalement cette position de soumission l’excite. L’objectivation de son corps, le plaisir auquel il va être soumis, le lâcher prise dont il va devoir faire preuve, et puis la jouissance ; la perspective de cet instant, aussi spirituel qu’animal, le transporte déjà.

Les trois jeunes femmes entrent enfin, suivies d’une quatrième, c’est Helena. La reine est venue assister à l’avant-dernière épreuve en personne. Elle affiche une mine paisible et reposée. Sa longue robe, couleur sable, est digne de Cléopâtre VII. Elle a choisi d’attacher ses cheveux blancs et épais comme du velours, en chignon.

Marie s’assoit à ses côtés, la reine fait signe aux jeunes femmes de se mettre en place.

La scène est précisément la même que celle qui figure sur le sixième vitrail de la rotonde.

L’épreuve peut commencer, les jeunes filles se déshabillent sous les regards hébétés des compétiteurs. Elles s’agenouillent près d’eux puis se frottent contre les beaux mâles déjà émoustillés. Les séductrices portent des boules de Geisha en elles, elles doivent brûler de désir pour leur candidat. 

Les caresses fondent sur le torse des hommes près d’elles, chacune a le sien. Elles parcourent leurs épaules puissantes, leurs flancs puis leurs fesses musclées. Les premiers émois se font sentir et la reine se délecte de les voir doucement frémir. Ils sont si beaux, ces splendides spécimens humains. Si rares, si précieux, ceux-là mêmes qui sont arrivés jusque-là. Les mains des tentatrices qui se tortillent déjà de plaisir, glissent sur les parties génitales des suppliciés. Ils commencent à bander fermement.

La reine demande à ce qu’on les masturbe, elle s’impatiente de les voir gémir. Le lubrifiant coule et le plaisir commence à monter. Dans l’immense pièce, les soupirs résonnent au rythme des va-et-vient lubriques.

Les jeunes femmes prennent soin de s’occuper du membre viril de leurs soumis, de la manière la plus obscène qui soit. Le visage des hommes se crispe, ils commencent à subir l’excitation de leurs sens exacerbés.

Helena n’aspire qu’à une chose : les voir se délester de leur jus. Mais la reine est joueuse, elle ordonne aux participantes de ralentir la cadence. 

Marie est humide, elle commence à tremper le fauteuil dans lequel elle s’est enfoncée. Pascal s’approche de la jouissance autant que sa muse ralentit ses mouvements. Il tente de se concentrer tant bien que mal, mais les stimuli sont trop forts. Ses yeux croisent ceux d’Helena qui le dévore du regard. L’homme lutte alors même que sa bourrelle lui assène le coup fatal. Elle tapote ses testicules tout en observant ses réactions. 

C’est la fin, elle ralentit encore, Pascal abdique, il explose littéralement dans un dernier soupir. Son sperme gicle entre les mains de la jeune fille qui se crispe tant le plaisir de l’homme la transperce. La sensualité de Pascal est absolue. Ses deux concurrents sont également au bord de la jouissance. Les râles se mêlent aux gémissements et le salon tout entier transpire l’érotisme. Un second homme est prêt à jouir sous les yeux galvanisés de la reine. Marie tient sa robe entre ses cuisses. Elle exerce une délicate pression sur son sexe inondé.

Soudain, la reine se lève.

« Ludus Finem » : « fin du jeu”, s’écrie-t-elle.

La Gyne refuse que les deux finalistes s’abandonnent à la jouissance. Elle souhaite garder leur plaisir intact pour l’épreuve du soir, l’ultime péril.

Pascal remonte dans sa chambre, il profite une dernière fois de la vue du château, avant de rentrer dans les collines varoises. L’homme est presque soulagé que le jeu se termine, il a été éprouvé même si l’expérience au château était incroyable.

21h00 – Suite royale, Aile Sud du château – Regina Probat : épreuve de la reine.

{Chez les Hyménoptères, la Gyne ne copule qu’une fois dans sa vie : au moment du vol nuptial. Ensuite, elle pond des œufs jusqu’à épuisement des réserves de sa spermathèque.}

Helena presse le petit soufflet accroché à la fiole de parfum qu’elle tient contre sa poitrine. L’air est subtilement embaumé par les effluves de bergamote et de roses de mai.

La reine veut être la meilleure version d’elle-même pour partager la soirée avec ses deux prétendants. Elle applique une émulsion d’ambre et de myrrhe sur sa petite poitrine arrondie. Le fluide ruisselle jusqu’à ses divines hanches lorsque la porte de la suite résonne.

« Madame, vos prétendants sont là. », lui souffle discrètement Marie.

« Très bien, faites les entrer. », réplique Helena.

Les deux hommes s’avancent, ils découvrent la somptueuse quinquagénaire pour la deuxième fois. Elle s’est parée d’un peignoir en soie gris qui s’accorde parfaitement à sa chevelure argentée. La suite olympienne dans laquelle elle vit est splendide, de nombreux miroirs brillent un peu partout à la manière d’une galerie des glaces. Les moulures plongent sur le parquet Versailles en chêne massif tandis que d’immenses verrières en fer forgé, séparent la chambre de la large salle de bain.

« Installez-vous messieurs. », fait la reine.

« La Regina Probat n’est pas réellement une épreuve, c’est l’expérience de notre rencontre ! », ajoute-t-elle.

Un plateau doré sur lequel sont disposés des verres de champagne trône sur le buffet.

« À notre victoire sur la mort ! », lance Helena tout en tendant un verre aux deux hommes. 

Les mâles, taillés comme des statues grecques, saisissent les verres en cristaux puis trinquent avec la reine.

La question de la mort revient souvent dans son champ lexical. Les orgies sont là pour éloigner sa peur de vieillir, et cette nuit encore sera un éloge à la vie.

« Messieurs, j’ai pensé qu’il vous plairait que j’invite quelques amusements. », lance la reine tout en actionnant la petite clochette disposée sur son lit.

Deux sublimes jeunes femmes, à peine vêtues, pénètrent à cet instant dans la chambre. Les deux concurrents qui s’examinaient, se sourient subitement et trinquent à la fête.

Les coupes de champagne se croisent autant que les regards espiègles. Les rires parsemés de flirt réchauffent l’atmosphère et les premières caresses commencent à glisser sur les corps à demi nus. Le vice se libère au rythme des esprits enivrés par l’alcool. 

Les deux jeunes femmes décident de jouer avec les hommes, l’un après l’autre tandis qu’Helena contemple la scène. Le premier est à genoux sur le lit, alors que l’une des deux filles s’est placée derrière lui. Elle l’embrasse dans le cou tout en laissant fondre ses doigts sur son torse puissant. L’autre fille est allongée devant lui, les jambes nonchalamment croisées, le visage à la hauteur de son sexe. 

Elle pose l’une de ses mains sous les testicules du beau mâle et observe son membre gonfler doucement. Il se laisse basculer sur le dos tandis que les deux jeunes femmes prennent soin de lui.

Le deuxième homme, s’est agenouillé devant la reine, le visage au niveau de son pubis. Il plonge sa bouche entre ses cuisses et lèche délicieusement ses lèvres. Helena exulte tout en observant ses deux complices se déchaîner sur le corps du premier. Les jeunes filles sucent conjointement la queue prête à exploser de l’autre homme. L’une d’entre elles s’est même assise sur son visage. Le chanceux laisse jouer sa bouche avec le fruit défendu de la belle qui gémit. 

L’autre homme lape le sexe de la reine tout en maintenant fermement ses jambes ouvertes. Soudain, cette dernière fait signe aux jeunes filles de s’interrompre. Elle s’avance lentement vers le lit, enfourche l’homme surexcité et se met à onduler délicatement.

Helena ressent la puissance fertile du beau mâle que ses deux complices ont bien préparé.

Il accueille ses coups de bassins par de lancinants soupirs tandis qu’elle se liquéfie sur son sexe. La reine n’en est qu’à ses premiers émois, elle accélère encore la cadence. La luxure transparaît aux quatre coins de la suite embaumée de vice.

Les deux femmes ont changé de cible, elles s’occupent désormais de l’autre étalon qui commence à bander énergiquement. L’une d’entre elles empoigne sa queue qu’elle présente aux lèvres de l’autre. Elles savourent le plaisir de l’homme et se délectent de son nectar.

Helena sent la jouissance monter en elle, ses ondoiements se mutent rapidement en coups de bassin féroces. La propriétaire du domaine gémit, elle est en train de jouir sur son amant qui la pénètre vigoureusement. Elle n’a pas atteint le paroxysme de son plaisir lorsqu’il explose en elle. Les spasmes des partenaires sont si forts qu’ils pourraient être visibles depuis le ciel.

L’homme s’allonge pour se reposer mais Helena n’en a pas terminé. À peine a-t-elle épuisé le premier, qu’elle somme l’autre de la prendre à son tour. Les deux jeunes filles qui le préparaient, le poussent entre les cuisses de la Gyne.

Ils s’engagent dans une levrette bestiale, les jeunes femmes contemplent la scène comme si c’était la première fois. La puissance sexuelle que dégage la reine est inhumaine. Elle est insatiable, irrassasiable, inapaisable…

Le beau mâle la prend fort, il tamponne ses fesses comme un buffle tandis qu’elle lui hurle de la baiser plus fort. Les miroirs reflètent leurs obscénités partout dans la pièce. L’homme se met à jouir entre les fesses de la reine à son tour.

Un de plus qui rend les armes. Helena en veut encore, elle s’allonge et fait signe aux jeunes femmes de lui apporter sa trousse de sextoys. L’une d’elles se redresse et va fouiller dans la grande armoire. L’autre se lance dans un cunnilingus on ne peut plus lubrique. Sa langue lape furieusement la vulve d’Héléna dont les gémissements ont repris de plus belle. Sa complice revient les mains pleines. Elle attrape un gode vibrant puis le pousse doucement entre les cuisses de la reine. Les sensations sont immédiates, la double stimulation interne et externe, transcende la gyne qui laisse jaillir son plaisir. Le lit est inondé sous les effluves de la belle cinquantenaire. Les deux finalistes, qui la découvrent pour la première fois dans l’intimité, sont admiratifs. L’un d’entre eux se caresse depuis quelques instants. Il sera bientôt prêt à l’étreindre de nouveau. 

“Je vois que vous êtes vaillant, j’aimerais que vous me preniez debout cette fois” lui lance Héléna tout en s’appuyant contre le mur.

L’homme se lève, puis lui saisit vigoureusement la taille et la pénètre sauvagement. L’une des deux filles est en train de masturber le deuxième homme qui bande timidement. L’autre fille s’est agenouillé à côté de la reine, elle plaque le gode vibrant sur le clitoris d’Helena pour la stimuler un peu plus. La propriétaire des lieux hurle à la mort. Un magnifique orgasme enserre de nouveau son bas ventre. La scène est torride.

Les réjouissances ne font que commencer, la nuit va être longue et les deux prétendants ont intérêt à suivre la cadence. Demain, au petit matin il n’y aura qu’un vainqueur. 

C’est une nuit de pleine lune, les rayons de l’astre nocturne étincellent sur les toits d’ardoise comme si les dieux pointaient du doigt ce lieu magique.

Quelques mois plus tard…

[…] Marc – Mourmelon-le-Grand

Marc presse la sonnette de son interphone. On décroche sans un mot puis le portail mécanique s’ouvre.

« Désolé, j’ai oublié mes clés. », fait l’homme.

« J’ai pris des éclairs au café et une tresse au chocolat, comme tu aimes. », ajoute-t-il.

« Merci chéri. », répond Marie vêtue d’une nuisette en dentelle couleur cannelle, depuis l’entrée. 

« Elles arrivent à quelle heure ? », ajoute-t-elle.

« Je leur ai dit que la première épreuve commencerait à 15h. », répond l’homme.

« Parfait, on a le temps de déjeuner tranquille et de se préparer. », lâche Marie.

{Le vol nuptial n’a lieu qu’une fois par an chez les fourmis. Les mâles libèrent des phéromones afin d’attirer les femelles. Lorsque la copulation a eu lieu, la princesse tombe sur le sol, arrache ses ailes et devient une reine.}

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